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Mgr Rolando José Álvarez Lagos, évêque de Matagalpa au Nicaragua. Mgr Rolando José Álvarez Lagos, évêque de Matagalpa au Nicaragua. 

Au Nicaragua, l’évêque de Matagalpa accusé de conspiration

Au cours d'une audience préliminaire, la justice a confirmé que Mgr Rolando Alvarez serait prochainement jugé. Il reste assigné à résidence à son domicile qu'il n'a pas pu quitter depuis son arrestation en août 2022.

Vatican News

Lors d'une audience préliminaire qui s'est tenue mardi 10 janvier devant un tribunal de Managua, l'évêque nicaraguayen de Matagalpa et administrateur apostolique du diocèse d'Estelí, Mgr Rolando José Álvarez Lagos a pu connaître les chefs d'accusation qui pèsent sur lui. Le prélat est officiellement inculpé de «conspiration visant à porter atteinte à l'intégrité nationale et de propagation de fausses nouvelles par le biais des technologies de l'information et de la communication au détriment de l'État et de la société nicaraguayens» et son assignation à domicile est confirmée. 

Un mandat d'arrêt a également été confirmé pour le prêtre Uriel Antonio Vallejos, curé de la paroisse Jesús de la Divina Misericordia dans la ville de Sébaco, située à 100 kilomètres au nord de la capitale, sur lequel pèsent les mêmes charges contre l'évêque et qui vit actuellement en exil.

Mgr Álvarez est le premier évêque à être arrêté et inculpé depuis le retour au pouvoir du président Daniel Ortega au Nicaragua en 2007. Il avait été emmené à l'aube du 19 août dernier par des policiers, en compagnie de prêtres, de séminaristes et de laïcs, hors du palais épiscopal de Matagalpa, après avoir été détenu de force pendant 15 jours à la Curie, accusé d'avoir tenté d'«organiser des groupes violents» dans le but de «déstabiliser l'État nicaraguayen et d'attaquer les autorités constitutionnelles».

Bras de fer avec le régime Ortega

L'évêque a ensuite été transféré dans sa résidence privée à Managua et assigné à résidence, tandis que les autres ont été emmenés dans une caserne de police de la capitale. Le président Ortega a accusé l'Église catholique d'utiliser «les évêques du Nicaragua pour organiser un coup d'État» dans le cadre des manifestations qui ont éclaté en avril 2018 en raison de réformes gouvernementales controversées. À la suite des événements, de nombreuses conférences épiscopales du monde entier, ainsi que des organisations civiles, ont exprimé leur solidarité avec l'Église du Nicaragua. 

Le Pape François avait évoqué la situation au Nicaragua lors de l'Angélus du dimanche 21 août. «Je suis de près, avec préoccupation et douleur, avait-il dit, la situation qui s'est créée au Nicaragua, impliquant des personnes et des institutions», expliquait-il, soulignant exprimer «sa conviction et son espoir que, grâce à un dialogue ouvert et sincère, les bases d'une coexistence respectueuse et pacifique peuvent encore être trouvées». 

Symbole des tensions entre le régime et l'Église catholique locale, le nonce apostolique au Nicaragua, Mgr Waldemar Sommertag avait été expulsé du pays en mars 2022. Les missionnaires de la Charité avaient par ailleurs été contraintes de fermer leurs activités dans le pays. 

Le Secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, avait également exprimé sa consternation face aux actions du gouvernement nicaraguayen contre les organisations de la société civile, y compris celles de l'Église catholique. 

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11 janvier 2023, 11:21