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Le cardinal Jean-Marc Aveline, archevêque de Marseille, au congrès de l'OIEC, le 1er décembre 2022. Le cardinal Jean-Marc Aveline, archevêque de Marseille, au congrès de l'OIEC, le 1er décembre 2022.  

Le cardinal Aveline souhaite «que l’école catholique garde sa puissance d’indignation»

À Marseille où la ville et le diocèse accueillent du 1er au 3 décembre le Congrès mondial de l’éducation catholique organisé par l’OIEC, le cardinal Jean-Marc Aveline a rappelé la vocation de l’école catholique, appelée à conserver sa capacité d’indignation «avec réalisme et humilité», tout comme sa vocation de «catholicité».

Delphine Allaire - Marseille, France 

Inspiré par le thème du congrès «l’école catholique comme corps d’espérance», le cardinal marseillais a d’abord exhorté «à apprendre à lire l’histoire à partir des vaincus et des vulnérabilités», car l’espérance est «un courage qu’il faut trouver» selon lui. Citant des exemples locaux de dialogue et de mémoire blessée notamment avec des Algériens ou Français d’origine algérienne de Marseille, l’archevêque de la cité phocéenne a invité à sortir d’un certain européocentrisme dans la conception de la Méditerranée, formée de cinq rives et ensembles culturels. Soit d'une mer entre cinq terres.


Dans les écoles catholiques de la deuxième ville de France, qui comptent 37 000 élèves dont beaucoup dans les quartiers pauvres, la culture et la religion de chacun est prise en compte. Le dialogue interreligieux y est soutenu par l’ISTR (l’Institut de sciences et théologie des religions) qui travaille avec les chefs d’établissement. Il se vit ensuite selon la composition des quartiers.

«Ce qui est paradoxal c’est qu’on a des établissements privés catholiques avec une majorité musulmane, une autre avec une majorité chrétienne, et finalement très peu avec une mixité presque égale –seuls quatre ou cinq l’atteignent», souligne Mgr Aveline à Radio Vatican, invitant à reconnaître aussi «les faiblesses de l’école catholique», et à ne pas avoir peur d'un certain éloge de la vulnérabilité. 

Il a ensuite lancé un appel à l’assemblée de 450 responsables d’éducation, de France et du monde: «Que l’école catholique garde sa puissance d’indignation, avec réalisme et humilité. Que l’indifférence n’étouffe pas l’indignation».

Se convertir à la catholicité, vocation à l’universalité

Citant saint Charles de Foucauld fêté le 1er décembre, Mgr Aveline a souhaité que les catholiques se convertissent «à la catholicité de l’Église», cet appel à l’universalité conçue comme une vocation, «de la même façon que la sainteté».

«L’école catholique est une école à vocation de catholicité. Charles de Foucauld l’avait compris chez les Touaregs, relève-t-il évoquant «la petite espérance» de Charles Péguy, qui grandit sur la somme des déceptions.

«Ce qui m'étonne, dit Dieu, c'est l'espérance. Et je n'en reviens pas. Cette petite espérance qui n'a l'air de rien du tout. Cette petite fille espérance». Charles Péguy, Le Porche du mystère de la deuxième vertu, 1912.

Donner le goût de croire 

Le cardinal Aveline a aussi insisté sur la nécessité de donner le goût de croire, partout là où la liberté de croire n’est, elle, pas possible.

S’exprimant plus largement sur les enjeux éducatifs en Méditerranée, l’archevêque a réitéré sa volonté de faire mûrir l’idée d’un synode sur la Mare Nostrum. «Une goutte du Dniepr arrivera un jour à Gibraltar», fait-il remarquer, notant quatre défis aussi liés à l’éducation: la disparité économique -à l’intérieur et entre les pays-, les flux migratoires, les tensions politiques au Proche et Moyen-Orient, et l’environnement, des sujets qui concernent le monde entier. Le diocèse de Marseille étudie et réfléchit d'ailleurs à un projet de journées de la Méditerranée pour l'année 2023. 

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01 décembre 2022, 14:00