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Zone sinistrée sur les îles Tonga, le 16 janvier 2022 Zone sinistrée sur les îles Tonga, le 16 janvier 2022 

Caritas Tonga, au plus près d’insulaires sinistrés

Sur l’archipel des Tonga, les tâches prioritaires sont désormais d'enlever les cendres et de permettre à la population d'avoir accès à l'eau potable et à la nourriture. L’Église et la Caritas locales apportent un soutien concret face à cet immense défi.

Le constat dressé par Caritas Tonga est alarmant. «Il y a des cendres partout. L'électricité n'est pas stable. Il n'y a toujours pas de liaison téléphonique vers les îles les plus éloignées. Il n'y a pas de connexion Internet. L'un des principaux problèmes est le manque d'eau : les gens boivent de l'eau en bouteille dans les magasins, mais il n'y en a pas assez pour durer longtemps et répondre aux besoins de tous», décrit l’organisation caritative en s’adressant au réseau des Caritas d'Océanie et d'Asie-Pacifique. Celles-ci, rapporte l’agence Fides, s'organisent pour la surveillance et l’envoi d’aide humanitaire, suite de l'éruption du volcan sous-marin Hunga Tonga-Hunga Ha'apai, le 15 janvier dernier, et du tsunami qui a suivi. La catastrophe a touché 84 % des quelque 105 000 personnes vivant dans le royaume de Tonga, rendant problématique l'approvisionnement de la population en nourriture et en eau.


Besoin matériels et psychologiques

Sur place, Caritas Tonga et l'ensemble de l'Église locale ont été entièrement mobilisés pour porter secours à la population. Le cardinal Soane Patita Paini Mafi, évêque de Tonga et président de Caritas Océanie, a envoyé une lettre à toutes les paroisses pour demander des dons de nourriture et d'autres matériaux, à allouer en particulier aux îles Ha'apai, dont la majeure partie des habitants sont déplacés. L'Église a aussi mis en place une "équipe diocésaine de catastrophe", composée d'au moins un représentant de chaque zone ou vicariat, afin de suivre la situation et d’évaluer les besoins sur les différentes îles. Les personnes évacuées des îles de Mango et Atata à Tongatapu sont hébergées dans des logements temporaires à Sopu, dans la région de Nuku'alofa.

L'Église signale «un besoin évident de soutien psychosocial pour ces groupes en particulier». Caritas Tonga apporte donc un soutien psychologique, que le gouvernement devrait lui aussi proposer.


Une zone surexposée

Selon le classement de l'indice de risque mondial 2020, l'archipel des Tonga (173 îles et îlots), est le deuxième pays le plus exposé au monde aux catastrophes dues au changement climatique, après le Vanuatu, un autre archipel de l'océan Pacifique. En novembre dernier, le cardinal Mafi a tiré la sonnette d'alarme lors de la Conférence des Nations Unies sur le climat à Glasgow (COP26), mettant en garde contre la fréquence des tempêtes, des cyclones, des inondations et de l'érosion côtière, et faisant remarquer que sa «terre n'est plus sûre pour les générations futures».

Le diocèse de Tonga, qui englobe l'ensemble du royaume de Tonga et l'État insulaire de Niue, compte une population d'environ 15 000 catholiques (sur 105 000 habitants) avec 43 prêtres, deux frères et 34 religieuses, répartis sur 15 paroisses.

27 janvier 2022, 18:11