Recherche

Le Pape Benoît XVI rencontre les fidèles dans la cathédrale maronite de Nicosie, le 12 juin 2010. Le Pape Benoît XVI rencontre les fidèles dans la cathédrale maronite de Nicosie, le 12 juin 2010. 

Pierre-Yves Fux: «les catholiques de Chypre veulent rester unis dans leur diversité»

L'ambassadeur de Suisse à Chypre, anciennement auprès du Saint-Siège, revient sur les particularités de la petite communauté catholique présente sur l'île divisée.

Pierre-Yves Fux est diplomate, ambassadeur de Suisse à Chypre depuis trois ans. Avant d'être en poste à Nicosie, il fut le représentant de son pays auprès du Saint-Siège, de 2014 à 2018. Il revient sur l'identité de la petite communauté catholique chypriote, ses liens avec la Terre Sainte et ses relations avec la majorité orthodoxe locale.

«Il y a pour les catholiques à Chypre deux types de rites et de structures canoniques, à savoir les latins et les maronites. Cela correspond aussi dans ces communautés à deux types d'histoires personnelles. Ceux qui appartiennent à des communautés historiques, avec un statut et les immigrés récents, qui sont les plus nombreux parmi les latins. Il y a aussi deux types de territoires parmi les catholiques, ceux qui vivent en République de Chypre et ceux qui se trouvent dans des villages enclavés dans la zone nord ou d’autres parties du territoire occupé. Cette complexité reflète celle de l’actualité chypriote.

Quelle est la teneur des relations avec les orthodoxes ?

À Chypre, tous les chrétiens suivent le calendrier de la grande majorité orthodoxe et fêtent donc Pâques le même jour. Dans cette île, j’ai observé des gestes œcuméniques qui me font penser à ce que vit par exemple mon pays, la Suisse. Ainsi, les orthodoxes ont mis à disposition des catholiques une église historique à Paphos. Certains s’en souviennent car le Pape Benoît XVI y avait célébré la messe lors de son voyage en 2010.

Quels liens persistent encore entre l’Église catholique chypriote et la Terre Sainte ?

On l’a encore entendu dans le message vidéo du Pape avant son voyage, Chypre est «un rejeton de la Terre Sainte». La géographie et l’histoire lient en effet étroitement cette île avec Jérusalem et la Terre Sainte. Ses liens sont même institutionnels quand on parle de la communauté latine, puisque son évêque se trouve à Jérusalem, c’est le patriarche latin, tandis que ses prêtres sont des franciscains de Terre Sainte. Au niveau personnel, depuis bientôt deux années, les pèlerinages sont devenus difficiles à cause de la pandémie, mais l’été dernier le patriarche Pizzaballa a fait le déplacement et est venu visiter chaque paroisse, chaque groupe catholique de l’île.

Quels sont les principaux défis aujourd’hui pour ces catholiques chypriotes ?

En grande partie, je dirai que ces défis sont les mêmes que pour leurs compatriotes : la partition de l’île, la question des migrants etc…des domaines dans lesquels ils espèrent pouvoir compter sur la solidarité et le soutien des Nations unies et de pays européens comme le mien. En plus des défis qui concernent aussi les autres chrétiens en Europe, les catholiques de Chypre ont celui de rester unis dans leur grande diversité, et d’être intégrés en tant que petite minorité. 

01 décembre 2021, 12:51