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Les évêques de Suisse en discussion avec le Pape François, le 26 novembre 2021. Les évêques de Suisse en discussion avec le Pape François, le 26 novembre 2021.  (Vatican Media)

Le processus synodal au centre de la visite "ad limina" de l’épiscopat suisse

Ce fut une semaine intense pour les évêques suisses: après avoir visité les différentes institutions vaticanes à l'occasion de leur visite ad limina et s'être entretenus près de deux heures avec le Pape vendredi, ils ont tenu leur Assemblée plénière ordinaire lundi au Vatican. Ils ont ensuite expliqué aux journalistes comment s'était déroulée leur visite romaine.

Mario Galgano - Cité du Vatican

Lors de leur long échange avec le Pape, vendredi matin, les huit membres de la Conférence des évêques présents à Rome (six évêques et deux abbés territoriaux) ont pu faire part au Pape des préoccupations des catholiques et des fidèles suisses. Parmi celles-ci figurait un thème central sur le rôle des femmes dans l'Église.

Lors de la visite ad limina, les évêques ont, tant vendredi dernier auprès du Pape qu'auparavant dans tous les dicastères, pu aborder quatre thèmes: «le rôle de la femme, le rôle des laïcs, le ministère du prêtre, la transmission de la foi», a précisé l'évêque de Bâle, Mgr Felix Gmür. Le président de la conférence épiscopale a répondu aux questions des journalistes lundi soir. François lui-même n'a «fermé aucune porte», a déclaré le président de la conférence épiscopale. Mais il a surtout invité les évêques à prendre le temps de l’écoute et du discernement.

Le président de l’épiscopat suisse a expliqué que la première préoccupation du Pape est de «préserver l'unité», avec cette question centrale, en substance: «Comment les chrétiens, en interaction entre clercs, laïcs, femmes et hommes, peuvent-ils transmettre la foi de manière plus convaincante?» C'était également la question au centre de nombreux entretiens dans les dicastères. Certains évêques ont également pu visiter l’Institut de Sauvegarde de la Grégorienne (l’ex-Centre pour la Protection de l’Enfance) avec le jésuite allemand Hans Zollner, très impliqué dans la lutte contre les abus sexuels sur mineurs.

L'importance de la dynamique synodale

Mgr Gmür a reconnu qu'il n'était pas toujours facile de faire comprendre la position du Pape dans les diocèses et les paroisses. Contrairement à certains catholiques, François pense de manière moins structurelle et nourrit même une certaine aversion lorsqu'il a l'impression que quelqu'un se situe dans une logique fonctionnaliste, en revendiquant des postes. Selon l’évêque de Bâle, le Pape comprend le renouvellement de l'Église, dont il est question dans le processus synodal mondial, de manière beaucoup plus spirituelle.

Mgr Felix Gmür a expliqué que les entretiens dans les dicastères n’ont pas suivi une trame écrite et déterminée à l’avance comme c’était le cas lors des précédentes visites. Au lieu de cela, «tout le monde semblait pris par la fièvre synodale», a-t-il expliqué. Que ce soit à la Curie ou dans les diocèses, «nous sommes liés par des expériences communes de tout nouveaux défis pour l'Église», a déclaré l'évêque de Bâle.

Après des entretiens avec le Pape François et différentes autorités de la Curie, les évêques ont tenu leur assemblée plénière lundi. À cette occasion, ils ont élu Davide Pesenti, 39 ans, nouveau secrétaire général de la Conférence des évêques suisses (CES). Ce journaliste et théologien succède à Erwin Tanner-Tiziani, 54 ans, qui était en poste depuis 2011. Il prendra ses fonctions le 1er mars prochain.

30 novembre 2021, 18:03