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La cathédrale de La Havane, à Cuba, le 19 Juillet 2021. (Reuters/Alexandre Meneghini) La cathédrale de La Havane, à Cuba, le 19 Juillet 2021. (Reuters/Alexandre Meneghini) 

Pour l'Église cubaine, il faut «ouvrir la voie à la compréhension, à la réconciliation et à la paix»

Alors que se tient ce 15 novembre une grande marche de protestation dans six provinces du pays, demandant notamment la libération de prisonniers politiques, les évêques cubains se sont exprimés, vendredi 12 novembre à La Havanne (capitale), à l’issue de leur Assemblée plénière. Ils appellent les citoyens cubains à s’ouvrir à un dialogue national avec les autorités.

Claire Riobé – Cité du Vatican

C’est dans un contexte de tension que les évêques catholiques de Cuba se sont exprimés au lendemain de leur 158e Assemblée plénière, qui s’est tenue à La Havane du 8 au 11 novembre 2021. Dans un communiqué publié le 12 novembre, ils y ont exprimé plusieurs considérations «qui jaillissent de notre cœur de Cubains et de pasteurs du peuple de Dieu». Outre l'analyse de la situation sociale du pays, les évêques ont abordé des thèmes aussi variés que le début du processus synodal dans les diocèses, la participation de l'Église cubaine à l'Assemblée ecclésiale continentale ou encore l'état actuel de l'œcuménisme sur l’île.


À quelques jours de la manifestation anti-gouvernementale, qui se tient ce lundi 15 novembre à la Havane et dans six provinces du pays, les évêques ont tenu à redire leur attachement à la liberté d’expression du peuple cubain. «Toute personne mérite l'estime et la reconnaissance de sa dignité, de sa condition d'être humain et d'enfant de Dieu, de citoyen libre, soumis à des droits et à des devoirs. Par conséquent, chaque Cubain doit pouvoir exprimer et partager librement et respectueusement ses opinions, pensées ou convictions personnelles, même s'il n'est pas d'accord avec la majorité», écrivent-ils.

La Conférence épiscopale a également rappelé que tout acte de violence, qu'il soit physique, verbal ou psychologique, «blesse gravement l'âme de la nation cubaine et contribue encore plus à la douleur, à la souffrance et à la tristesse de nos familles».

Un projet national pour tous

Ce communiqué intervient quatre mois après les manifestations qualifiées d’«historiques» qui ont eu lieu dans le pays en juillet 2021, et qui ont provoqué la mort d'une personne et des blessures à des dizaines d'autres. Une blessure à vif dans l’esprit des habitants, alors que 1.270 personnes y ont été arrêtées et que 658 sont actuellement toujours en détention, selon l'ONG Cubalex. Les évêques de l'île ont ainsi rappelé la nécessité d’un dialogue avec les autorités, appuyant l’urgence pour les Cubains de s’investir «dans un projet national qui implique et motive tout le monde ; qui tienne compte des différences, sans exclusion ni marginalisation».

La Conférence épiscopale cubaine a enfin estimé nécessaire «de mettre en œuvre des mécanismes permettant, sans crainte d'intimidation et de représailles, à chacun de se faire entendre et de canaliser les mécontentements face aux dures réalités quotidiennes qui accablent tant de personnes, notamment les plus pauvres et les plus vulnérables».

Les évêques ont demandé à ce que les Cubains comme les autorités ne ménagent aucun effort «pour ouvrir la voie à la compréhension, à la réconciliation et à la paix» afin de trouver les meilleures solutions aux problèmes qui préoccupent le pays.

(Avec Agence Fides)

15 novembre 2021, 16:35