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Une religieuse dominicaine lors de la messe célébrée par le Pape François au stade d'Erbil, le 7 mars 2021 Une religieuse dominicaine lors de la messe célébrée par le Pape François au stade d'Erbil, le 7 mars 2021 

Mgr Warda : l'instabilité régionale met en danger les minorités irakiennes

Dans un entretien, l’archevêque catholique chaldéen d’Erbil se dit préoccupé par les conséquences sur le sol irakien du retour au pouvoir des Talibans en Afghanistan. Les chrétiens et autres minorités religieuses continuent d’être menacées, mais des signes d’espoir subsistent.

«Dans chaque moment d'instabilité et de conflit, ce sont les minorités qui souffrent en premier», affirme Mgr Bashar Warda, archevêque catholique chaldéen d'Erbil, en Irak, lors d'une entretien avec L’Aide à l'Eglise en Détresse. Le prélat a notamment exprimé son inquiétude quant aux éventuelles répercussions sur le sol irakien du retour au pouvoir des Talibans en Afghanistan. Bien qu'il s'agisse de deux pays «très différents», ce qui s'est passé à Kaboul «constitue certainement un encouragement pour ceux qui soutiennent ce type de régime» à Bagdad, souligne Mgr Warda. En Irak, poursuit l'archevêque chaldéen d'Erbil, les extrémistes de Daesh «continuent d'exister dans la clandestinité et ont toujours la capacité de faire des dégâts. Plus grave encore est la mentalité qui a créé le soi-disant État islamique, qui subsiste dans la région et dans certains secteurs de la population». 

Crainte d'une recrudescence des persécutions contre les minorités

Concernant l'annonce faite par la Maison Blanche de retirer la mission de combat américaine en Irak d'ici la fin de l'année 2021, Mgr Warda déclare: «dans la mesure où tout changement dans l'engagement américain dans notre pays conduit à une instabilité accrue, nous sommes certainement préoccupés par le fait que cela pourrait conduire à de nouvelles persécutions des minorités religieuses».


Mais l'espoir pour l'avenir des chrétiens irakiens reste grand, estime le prélat, et cela grâce aussi à la visite du Pape François dans le pays en mars dernier: «Nous sommes peu nombreux maintenant, mais nous tenons bon et faisons de notre mieux, où que nous soyons en Irak, pour montrer que nous sommes un élément vital du tissu de la nation», affirme l'archevêque. «Je pense que la visite du Souverain Pontife a montré au reste de l'Irak l'impact positif de la communauté chrétienne. Un geste d'espoir, en fait, à partir duquel repartir pour reconstruire l'avenir». «Nous espérons qu'avec le temps, cela permettra à notre communauté non seulement de survivre, mais aussi de prospérer et de se développer», conclut Mgr Warda.

Vatican News Service - IP

24 septembre 2021, 10:53