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Vatican News
Un mur en hommage aux "Desaparecidos" à Mexico, le 29 août. Un mur en hommage aux "Desaparecidos" à Mexico, le 29 août.  (AFP or licensors)

Disparitions forcées: le réseau Clamor demande de mieux protéger les populations

À l'occasion de la Journée internationale des victimes de disparitions forcées, le 30 août, le réseau Clamor (Réseau ecclésial d'Amérique latine et des Caraïbes sur la migration, le déplacement, le refuge et la traite des êtres humains) a dénoncé dans une déclaration le manque d'efforts pour s'attaquer à ce fléau.

À l'occasion de la Journée internationale des victimes de disparitions forcées célébrée le 30 août, le réseau Clamor (Réseau ecclésial d'Amérique latine et des Caraïbes sur la migration, le déplacement, le refuge et la traite des êtres humains) a publié une déclaration dans laquelle il dénonce le fait que, sur le continent américain, les disparitions «ne font pas partie du passé». «La vérité et la justice n'ont pas été obtenues pour les cas passés et, jour après jour, le nombre de nouveaux cas augmente», écrivent les membres du réseau exhortant les États à accroître leurs efforts pour protéger la population.

Les victimes, rappelle Clamor, «sont nous tous qui souffrons avec les amis et les parents de la douleur de l'absence, de l'incertitude de savoir si la personne aimée est vivante ou non, de l'indifférence et de l'impunitédes milliers de mères, de pères, de frères, de sœurs, de fils et de filles qui espèrent qu'un jour, l'être cher franchira la porte de leur maison et dira "Me voici". Je vais bien et tu m'as beaucoup manqué»

Enquêter, juger et condamner

Le président du réseau Clamor, Mgr Gustavo Rodríguez, archevêque du Yucatán (Mexique), attire l'attention sur les disparitions de milliers de migrants sur le continent:

«Il existe de nombreux itinéraires et diverses formes d'émigration irrégulière, mais tous comportent des risques et, parmi eux, la disparition et la mort. Nous nous souvenons tout particulièrement de tous les migrants qui ont disparu au Mexique. Beaucoup ont été victimes de massacres, d'autres, peut-être, se trouvent parmi les restes non identifiés et beaucoup, beaucoup, beaucoup plus sont ceux dont nous n'avons aucun indice», précise t-il.

Outre l'expression de leur solidarité avec les victimes, Clamor lance une série d'appels: aux gouvernements de tous les pays est demandé de rappeler à leurs forces armées, à leurs militaires et à tous les types d'institutions de sécurité publique que leur devoir est de servir et de garantir la sécurité, et non de persécuter, d'arrêter, de faire disparaître et de tuer des civils. De même, -ajoutent les membres de Clamor, «nous exigeons qu'ils enquêtent, jugent et condamnent les militaires et les membres des institutions de sécurité publique qui ont commis ou sont impliqués dans des disparitions forcées et qu'ils présentent des stratégies pour éviter la répétition de tels actes». 

Vérité, justice et réparation

Aux institutions gouvernementales compétentes des pays d'origine, de transit et de destination, il est rappelé que la vérité, la justice et la réparation sont un droit des victimes et qu'elles sont tenues de faire tous les efforts et d'obtenir les moyens pour que ce droit soit respecté pour toutes les victimes sans distinction. 

Il est demandé enfin aux bureaux du Haut-Commissaire aux droits de l'homme et aux médiateurs des différents pays d'être proches des victimes et de les soutenir, avec les ressources des lois et conventions internationales, afin qu'elles puissent lutter et accéder à leurs droits. En attendant, il est demandé à tous les chrétiens, citoyens de bonne volonté et sensibles à la souffrance des autres, de rester proches des personnes qui souffrent pour un proche disparu et de les rejoindre dans leur lutte pour la vérité et la justice. «Que ces personnes sentent qu'elles ne sont pas seules et qu'elles puissent compter sur notre solidarité et notre fraternité», conclut la déclaration. 

 

31 août 2021, 13:13