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Église de Beni le 27 juin 2021 Église de Beni le 27 juin 2021  (AFP or licensors)

Attaques à Beni : l’Église n’a pas peur

La ville de Beni, dans l’est de la République démocratique du Congo demeure encore sous le choc après les deux attaques à la bombe de dimanche. Le vicaire général du diocèse de Butembo-Beni revient sur les menaces qui courent contre la population et l’Église et l’état d’esprit qui règne au sein du clergé.

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Les services de sécurité passent au peigne fin les marchés et les lieux publics de la ville de Beni, dans l’est de la République démocratique du Congo après la double attaque terroriste de dimanche. Les forces de police recherchent d’autres bombes dans la ville après qu’une église a été visée. Selon les premiers éléments de l’enquête, les Forces démocratiques alliées, les ADF, un groupe rebelle ougandais sévissant dans cette région du Congo depuis des années, seraient à l’origine des explosions. L’un des auteurs de ces attentats, qui a trouvé la mort dans l’explosion de son engin, a été identifié comme membre des ADF. Un couvre-feu a été décrété par les autorités locales, les écoles, églises et marchés fermés.

Dans ce contexte, l’Église catholique fait face malgré les menaces. «Nous n’avons pas peur», affirme le vicaire général du diocèse de Butembo-Beni, Mgr Laurent Sondirya, qui refuse de voir l’Église comme une cible privilégiée des terroristes. Et il rappelle avec force le rôle de l’Église : «de dire la vérité, de chercher la paix, et d’enseigner aux gens les valeurs positives qui permettent aux gens d’aller de l’avant.» «L’Église doit dénoncer le mal», «les spoliations» pour que les gens ne vivent plus dans la pauvreté. Il dénonce aussi ceux qui profitent de la situation et qui laissent la population souffrir.

«Nous devons aller de l’avant, nous les pasteurs, religieux et missionnaires» poursuit le vicaire général. «Il n’y a rien qui puisse nous faire reculer par rapport à notre foi, notre mission qui est d’attirer notre peuple vers le bien et surtout de ne pas croiser les bras comme le Diable avait le dernier mot.» Preuve s’il en est de cet état d’esprit: Mgr Sondirya a tenu, après l’attaque de dimanche matin, à célébrer la messe de confirmation des enfants qui était prévue ce jour-là. «Nous avons pris des dispositions pour calmer les esprits et motiver tout le monde à aller toujours de l’avant dans leur foi et dans leur espérance».

29 juin 2021, 16:27