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La chapelle du sanctuaire de Banneux, en Belgique. La chapelle du sanctuaire de Banneux, en Belgique. 

Le sanctuaire de Banneux, au centre de la piété populaire en Belgique

Le sanctuaire de Banneux accueillait ce soir la 11e étape du "marathon de prière" à Marie, dans le cadre de la lutte contre la pandémie. L’intention du jour était dédiée aux pauvres, aux sans-abri et aux personnes en difficulté économique.

Cyprien Viet - Cité du Vatican

C’est à la suite d’apparitions survenues en 1933, et formellement reconnues en 1949, que ce sanctuaire situé en Wallonie est devenu un lieu central dans la vie de l’Église catholique en Belgique. Mariette Beco (1921-2011), une jeune fille issue d’un milieu pauvre et agnostique, a vu la Vierge à huit reprises dans ce village entre le 19 janvier et le 2 mars 1933, recevant un appel à prier pour soulager la souffrance. Rapidement, les premiers pélerins viennent sur le lieu des apparitions, et un premier miracle, la guérison d’un hémiplégique, est observé dès la fin de l’année 1933.

Le sanctuaire de Banneux, lieu de dévotion à la "Vierge des Pauvres", a pris un essor remarqué dans la deuxième moitié du XXe siècle, à contre-courant de la tendance globale de la Belgique à la sécularisation. Il est fréquenté notamment par les communautés d'origine étrangère vivant en Belgique: notamment les tamouls, Rwandais, Roms, Arméniens, et même des musulmans originaires du Kosovo qui viennent traditionnellement honorer Marie en la fête de l’Assomption.

Avant la pandémie, environ 500 000 personnes s’y rendaient chaque année. Ces derniers mois, les visites ont été extrêmement réduites, conformément aux dispositions drastiques prises par le gouvernement belge pour lutter contre la propagation du virus. Même les messes du 15 août avaient été annulées pour éviter le risque de rassemblement. Désormais, l’autorisation des rassemblements en plein air devrait permettre au sanctuaire de reprendre pleinement ses activités.

La visite de Jean-Paul II en 1985

Le sanctuaire de Banneux a reçu la visite du Pape Jean-Paul II le 21 mai 1985. Le Pape polonais, dont la piété mariale fut un axe central dans son magistère et ses voyages apostoliques, tenait à se rendre dans ce lieu très populaire parmi les catholiques belges, et au-delà.

Il avait axé son homélie trilingue (en français, en flamand et en allemand) sur cette phrase des Béatitudes, tirée de l’Évangile de Matthieu : «Heureux les affligés, car ils seront consolés» Devant un public constitué essentiellement de personnes pauvres, malades, handicapées, saint Jean-Paul II avait souligné que «ces paroles semblent particulièrement concerner tous ceux qui sont ici réunis. Elles nous sont données au cœur même des huit béatitudes.» 

«La souffrance, la maladie, la diminution physique vont de pair avec l’affliction et la faiblesse. Et pourtant, en même temps, le Christ indique pourquoi on peut considérer l’affliction et la faiblesse comme un bien du Royaume de Dieu qui contribue au salut, comme une bénédiction. Il dit “Heureux”. C’est une promesse. C’est une certitude», avait-il assuré, en soulignant le rôle irremplaçable de Marie: «C’est en elle que le Verbe éternel s’est fait chair, pour porter le fruit surabondant du salut et de la grâce», avait conclu Jean-Paul II.

11 mai 2021, 12:20