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Icône de la Dormition de la Vierge Marie Icône de la Dormition de la Vierge Marie  (©Pavle - stock.adobe.com)

Marathon de prière: de la maison de Marie, une prière pour les pays en guerre

Le marathon de prière lancé par le Pape François pour implorer du Ciel la fin de la pandémie fait étape ce mercredi 19 mai à Éphèse, dans l’actuelle Turquie, où une antique tradition place la maison de la vierge Marie.

Selon de très anciens récits, l’apôtre Jean aurait quitté la Palestine pour fuir les persécutions qui y faisaient rage, emmenant avec lui Marie, la mère de Jésus. C’est donc tout près d’Éphèse, une des plus grandes cités gréco-romaines de l'époque, située sur la côte égéenne de l’Asie mineure, que l’apôtre aurait trouvé refuge et que Marie y aurait achevé sa vie terrestre jusqu’à son assomption.

En 431, le troisième concile œcuménique qui se déroule précisément à Éphèse proclame Marie, Theotokòs, mère de Dieu; les chrétiens y érigent une église qui lui est consacrée. La ville, qui abrite aussi la tombe supposée de saint Jean, devient un centre de pèlerinage. Après bien des vicissitudes -période byzantine, conquête arabe puis turque-, la majestueuse cité tombe en ruines et ses sanctuaires avec elle.

Les visions d'Anne-Catherine Emmerich

Il faudra attendre le XIXe siècle pour qu’Éphèse suscite de nouveau l’intérêt. Tout part d’une religieuse augustinienne, Anne-Catherine Emmerich, et de ses visions sur la vie de Jésus et de Marie. Elle aurait ainsi eu une vision de la mère de Jésus dans une petite maison en pierre, «sur une montagne», «à trois lieues et demie d’Éphèse». Une fois consigné par écrit, le récit des visions de la religieuse mystique se répand dans le monde catholique et l’on se met en quête de la maison de Marie.

En 1891, des lazaristes français de Smyrne mettent au jour les ruines d’une petite chapelle en pierre, qui correspond au récit d’Anne-Catherine Emmerich. Le site est appelé Panaghia Kapulu (la porte de la toute-sainte, en grec) par les habitants orthodoxes des environs qui y célèbrent la Dormition, chaque 15 août. Convaincus de l’authenticité du lieu, les religieux entreprennent de le restaurer et d’y organiser des pèlerinages, sous le regard suspicieux des autorités ottomanes. En 1896, l'Église reconnait le sanctuaire comme lieu saint, sans pour autant la considérer comme le lieu de l’Assomption.

Trois Papes en pèlerinage

La Première guerre mondiale impose un coup d’arrêt brutal à l’essor du sanctuaire. La deuxième guerre gréco-turque (1919-1922) donne lieu à de féroces combats autour de Smyrne, où les quartiers chrétiens sont rasés et pillés. Les grecs orthodoxes de la région ayant échappé aux massacres émigrent massivement vers la Grèce. Le sanctuaire de Panaghia retombe dans l’oubli… jusqu’en 1950, avec la proclamation du dogme de l’Assomption par Pie XII. Éphèse, qui en est un des lieux présumés, se retrouve de nouveau au centre de l’attention. Le gouvernement turc, voyant le parti qu’il peut tirer de ce succès pour son industrie touristique, ouvre une route pour accéder au sanctuaire. Des travaux de restauration sont entrepris et en 1951, la Meriem Ana Evi (la maison de notre mère Marie, en turc) est inaugurée, proclamée dans la foulée «site national» par la Turquie.

Avant la pandémie de Covid, il drainait chaque année des centaines de milliers de pèlerins -chrétiens et musulmans- et visiteurs, qui profitaient également des ruines toutes proches de l’antique Éphèse. Le site marial a reçu la visite de saint Paul VI en juillet 1967, de saint Jean-Paul II en novembre 1979 et de Benoît XVI en novembre 2006.

C’est donc de cet humble sanctuaire en terre d’Anatolie que s’élève ce mercredi la prière de l’Église, avec une intention spéciale pour la paix et la fin des conflits. Une intention qui ne peut que résonner dans cet Orient dilacéré par la violence.

19 mai 2021, 13:06