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Le cardinal Filoni, à droite, grand maître de l'ordre du Saint-Sépulcre et ancien nonce en Irak Le cardinal Filoni, à droite, grand maître de l'ordre du Saint-Sépulcre et ancien nonce en Irak 

Pour le cardinal Filoni, la rencontre avec al-Sistani est historique

Le cardinal Filoni, grand maître de l’ordre équestre du Saint-Sépulcre, connait très bien l’Irak pour y avoir été nonce apostolique et envoyé spécial du Pape François à plusieurs reprises. Il revient sur l’importance du voyage apostolique du Saint-Père dans ce pays pour les chrétiens et le dialogue interreligieux avec les chiites.

Entretien réalisé par Xavier Sartre – Cité du Vatican

La venue du Pape François, premier Pape à poser les pieds en Irak, est évidemment importante pour les communautés chrétiennes qui reçoivent leur pasteur. Elle est aussi déterminante pour le dialogue avec les musulmans et principalement avec les chiites, première communauté religieuse du pays. Samedi, le Pape se rendra à Nadjaf, dans le Sud, pour y rencontrer le grand ayatollah al-Sistani, la principale autorité religieuse chiite en Irak. Cette visite est «historique» pour le cardinal Fernando Filoni, actuel grand maître de l’ordre équestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem et ancien nonce apostolique en Irak.

Le Pape et le grand ayatollah «sont deux personnalités très intéressantes», considère le cardinal. «Le Saint-Père est un homme qui développe le dialogue interreligieux»; «Sistani est un homme spirituel, il a un âge “patriarcal” – il a 90 ans – et dans sa vie il a beaucoup travaillé pour la paix, pour régler pacifiquement beaucoup de choses en Irak» décrit-il. «Ces deux personnalités sont deux piliers qui sont prêts à former un arc. Je suis sûr que cette rencontre sera très importante pour nous, comme catholiques, pour les chrétiens et pour les chiites et le monde islamique aussi» affirme l’ancien nonce.


Ezéchiel, un pont entre chrétiens et musulmans

Parmi les figures bibliques reconnues par l’islam et qui ont vécu dans l’ancienne Mésopotamie, au cœur de l’Irak actuel, le prophète Ezéchiel, outre Abraham, peut constituer un pont entre chrétiens et musulmans. Prêcheurs de l’espérance quand le peuple d’Israël était en captivité à Babylone, «il a parlé du futur, de la confiance en Dieu». Or cette condition n’est pas sans rappeler la situation actuelle de l’Irak, estime le cardinal Filoni. «Ezéchiel, qui est vénéré par les chrétiens et les musulmans, est un prophète du monothéisme. Il est très respecté aussi près de Babylone, où se trouve sa tombe» explique le grand maître qui raconte y avoir vu des femmes musulmanes demander l’intercession du prophète biblique pour tomber enceinte ou pour que leur accouchement se passe bien. 

Entretien avec le cardinal Filoni, grand maître de l'ordre du Saint-Sépulcre
05 mars 2021, 11:29