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Mgr Overbeck, évêque d'Essen en Allemagne. Mgr Overbeck, évêque d'Essen en Allemagne. 

La Comece œuvre pour le bien commun dans le dialogue avec l’UE

L'assemblée de printemps de la Commission des épiscopats de l'Union européenne, la Comece, s'est achevée hier. Le vice-président, Mgr Overbeck, explique que les lignes directrices du dialogue entre la Comece et les institutions européennes sont dictées par la Doctrine sociale de l'Eglise.

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La pandémie de coronavirus bouleverse la vie de millions de personnes depuis plus d'un an maintenant, notamment sur le continent européen, et l'Union européenne est en première ligne pour faire face aux coûts et aux pertes générés au niveau socio-économique. Cette situation de crise a été au cœur des deux journées de travail en visioconférence, les 17 et 18 mars, pour l'assemblée de printemps de la Commission des épiscopats de l'Union européenne, la Comece.

«Pour moi, il est clair que la pandémie exige toujours la solidarité de tous, explique Mgr Franz-Josef Overbeck, vice-président de la Comece, et évêque d’Essen en Allemagne. «Une action décisive et efficace limite les dégâts et permet de surmonter les conséquences». Le projet de relance intitulé "Next Generation EU", le paquet de propositions pour l'environnement défini comme "pacte vert", et l'approche de l'UE en matière de coopération dans le domaine de la migration sont donc des thèmes de dialogue essentiels. L’évêque allemand souligne aussi sa grande satisfaction pour le renouvellement du mandat d'un Envoyé spécial de l'Union européenne pour la promotion de la liberté de religion ou de conviction.

Dans la pandémie, nous voyons le besoin des gens de vivre ensemble. L'option préférentielle pour les pauvres est étroitement liée au principe de solidarité, elle doit être comprise non seulement dans sa dimension économique, mais aussi dans son sens social. C'est pourquoi, comme nous l'avons dit lors de la conférence de la Comece, nous nous félicitons que l'Union européenne se soit mise d'accord sur l'instrument de développement de l'UE de nouvelle génération, comme on l'appelle en anglais. L'important est de bien utiliser ces fonds: d'une part, nous devons aider les personnes et les groupes à risque, d'autre part, nous devons continuer à poursuivre des thèmes tels que la formation à la numérisation - c'est également important - et enfin, le pacte vert. L'Union européenne fait un pas vraiment important dans cette direction.

Un autre point central aujourd'hui est le dialogue sur le Pacte sur les migrations et l'asile proposé l'année dernière par la Commission européenne et suivi par le commissaire Margaritis Schinas. La discussion a-t-elle révélé s'il y a des développements ou des corrections que l'Union est prête à faire sur la base des propositions et des réserves exprimées par vous, les évêques?

Oui, nous avons parlé avec Schinas du fait que l'Europe ne peut répondre qu'ensemble aux questions d'asile et de migration. Seulement ensemble. En ce qui concerne le pacte sur les migrations et l'asile, nous saluons l'approche consistant à promouvoir la coopération au sein de l'Union européenne. Sur cette question controversée, comme nous le savons, un débat doit avoir lieu sur les faits, cela compte. En tant qu'Église, il est important pour nous de nous concentrer davantage sur les groupes à risque.

Ici aussi, nous ne devons en aucun cas continuer à autoriser des conditions telles que celles endurées dans les camps situés aux frontières extérieures de l'UE, par exemple en Grèce. Naturellement, en tant qu'évêques, nous sommes toujours prêts à participer à la Conférence sur l'avenir de l'Europe, en signe d'importance. Pour nous, les principes de l'enseignement social catholique constituent le fil conducteur, ce qui implique d'orienter le chemin vers l'image de l'homme en tant qu'individu libre et digne. C'est le cœur de la Doctrine sociale. La politique et la société devraient agir de manière solidaire dans le sens du bien commun. Nous discuterons ensuite en détail des propositions concrètes à présenter.

Les Églises participeront-elles aussi à la conférence sur l'avenir de l'Europe, avec quel rôle et quelles propositions éventuelles?

L'important, c'est l'article 17 du Traité sur le fonctionnement de l'Union européenne: nous, en tant qu'Église, maintenons toujours un dialogue "ouvert, transparent et régulier". J'apprécie le commissaire Schinas comme un interlocuteur bon et constructif et ce dialogue avec les institutions peut être décrit comme une sorte de centre d'échange, de centre de "gravité" entre l'Église et l'Union européenne. En ce qui concerne la pandémie, par exemple, la question de savoir comment concilier au mieux la protection des personnes contre les risques sanitaires et le droit à la liberté de religion est importante, comme nous le constatons déjà dans le cadre de la pandémie.

Nous voulons continuer à travailler de manière ouverte, constructive et responsable avec les autorités des États membres. Nous sommes très heureux et remercions Dieu que le mandat d'un envoyé spécial de l'UE pour la promotion de la liberté de religion ou de conviction ait été renouvelé et nous attendons maintenant avec impatience de savoir qui occupera ce poste.

Où en est donc le dialogue entre les institutions européennes et les Églises? Schinas est responsable de ce dialogue, que pouvez-vous nous dire à ce sujet ?

Nous avons fait un bon pas en avant dans ce dialogue et nous sommes très heureux d'avoir en la personne de Schinas un véritable expert, notamment en ce qui concerne la manière dont nous pouvons mettre en œuvre le droit humain à la liberté religieuse. Nous sommes et restons optimistes.

 

19 mars 2021, 15:03