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Manifestation à Rangoun, le 2 mars 2021. Manifestation à Rangoun, le 2 mars 2021. 

Justice et Paix Europe appelle au rétablissement de la démocratie en Birmanie

Depuis le coup d’État du 1er février, les manifestations se multiplient pour réclamer le retour de la démocratie. La répression a déjà fait de nombreuses victimes.

 VNS

La paix est possible et elle est indispensable pour le développement de la Birmanie. Un mois après le coup d'État du 1er février et alors que la répression des manifestations s'aggrave, Justice & Paix Europe se joint à l'appel vibrant adressé par l'Église birmane à la junte militaire pour qu'elle s'abstienne de toute violence et rétablisse les règles de l'État démocratique en suivant la voie de la réconciliation. 

«Nous sommes préoccupés par les nouvelles reçues ces derniers jours qui indiquent une augmentation significative de la violence, des victimes et des souffrances pour la société et les citoyens», peut-on lire dans la déclaration. «Au nom du Comité exécutif, nous souhaitons soutenir le peuple de Birmanie dans la défense de la démocratie et exprimer notre solidarité avec les manifestants pacifiques.»

 

Justice et Paix reprend ensuite l'appel lancé par le Pape François à l'Angélus le 7 février, invitant à ce «que ceux qui ont des responsabilités dans le pays, se mettent avec une volonté sincère au service du bien commun, en promouvant la justice sociale et la stabilité nationale pour une coexistence démocratique harmonieuse».

«Nous appelons à la libération rapide de tous les prisonniers politiques et soutenons l'appel des évêques catholiques de Birmanie aux autorités militaires pour qu'elles s'abstiennent de toute violence et recherchent la réconciliation, tout en respectant les principes démocratiques et les droits de l'homme, y compris le droit à la vie, l'interdiction de la torture, la liberté de réunion, des médias et d'expression», poursuit la déclaration, qui, en conclusion, encourage l'Union européenne «à utiliser tous les canaux de dialogue avec les principales parties prenantes afin de faciliter un rétablissement pacifique et rapide du pouvoir des institutions démocratiques légitimes».

Un contexte de plus en plus répressif

La situation en Birmanie a atteint un point culminant le 28 février, lorsque les forces de sécurité ont ouvert le feu sur des manifestants dans plusieurs villes. Alors que le pays était ravagé par la violence, le cardinal Charles Bo, président de la conférence épiscopale birmane, a prononcé des paroles très fortes à Rangoun, appelant à ne plus verser de sang innocent. «Nous sommes tous fils et filles d'une même terre, d'une même mère, le Myanmar (l’autre nom du pays, ndlr). L'obscurité ne conquiert jamais l'obscurité ; seule la lumière peut dissiper l'obscurité. La logique d'un œil pour un œil rend le monde aveugle. Nous croyons tous au pouvoir de l'amour et de la réconciliation», a déclaré l'archevêque de Rangoun dans son homélie lors de la messe du deuxième dimanche de Carême.

Pendant ce temps, lundi, le procès de la dirigeante destituée Aung San Suu Kyi, arrêtée avec d'autres dirigeants de la Ligue nationale pour la démocratie (LND), a commencé, avec deux chefs d’accusation : «importation illégale de talkie-walkies» et «organisation d'une manifestation pendant la pandémie».

Vatican News Service - LZ

02 mars 2021, 17:13