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Mgr Erik Varden, évêque de Trondheim, durant son homélie de la messe du Mercredi des Cendres, Mgr Erik Varden, évêque de Trondheim, durant son homélie de la messe du Mercredi des Cendres, 

L’entrée en Carême des catholiques en Norvège: cendres et neige sur la tête des fidèles

L'évêque de Trondheim en Norvège a célébré la messe des cendres en plein air, sous la neige, pour permettre au plus grand nombre d'y assister. Pour la première fois depuis mars 2020, une messe a été célébrée à Trondheim le mercredi soir avec une centaine de participants.

Charlotta Smeds – Vatican News

Par une froide nuit d'hiver, une centaine de catholiques de Trondheim, en Norvège, se sont réunis sur la place Saint-Jean-Paul II, devant la cathédrale Saint-Olav, pour participer à la messe des cendres célébrée par l'évêque, Mgr Erik Varden, religieux de l'Ordre Cistercien de la Stricte Observance (OCSO).

Une messe en extérieur: la seule solution

Depuis le 12 mars de l'année dernière, afin de prévenir la contagion du coronavirus, la Norvège a adopté des mesures exigeant un maximum de 10 participants aux messes et autres célébrations organisées dans les églises. Par conséquent, afin d'inciter un plus grand nombre de fidèles à commencer le Carême en assistant à la messe, l'évêque a décidé de la célébrer à l'extérieur de l'église, même au milieu de l'hiver.

«Nous vivons dans une sorte de jeûne depuis presque un an», explique Mgr Varden, en soulignant que l'initiative n'est pas une manifestation de protestation mais plutôt une réponse à un besoin:

«Beaucoup de gens trouvent les restrictions douloureuses et frustrantes, même si en même temps ils réalisent qu'elles sont nécessaires pour arrêter la pandémie, et donc ils les respectent. Lorsque la municipalité a donné le feu vert pour célébrer la messe en plein air sur la place devant l'église, j'ai ressenti un sentiment de soulagement sachant combien de fidèles s'étaient disputés ces dix places, avec le désir de commencer le voyage de Carême vers Pâques par la messe. Et ainsi, mercredi, nous avons bravé le froid.»

Les fidèles devant la cathédrale de Trondheim, lors de la messe du Mercredi des Cendres.
Les fidèles devant la cathédrale de Trondheim, lors de la messe du Mercredi des Cendres.

Cendres et neige

La messe a duré une heure, et à la fin, lorsque Mgr Varden a remercié les gens d'être venus, il leur a recommandé de «rentrer chez eux et de prendre une boisson chaude».

La jauge avait été fixée à 100 personnes. Avant le début de la messe, l'évêque a rappelé aux gens de maintenir la distance de sécurité prescrite. Des torches, qui avaient été placées dans la neige pour encadrer la zone d'accès, ont également contribué à donner de la lumière et de la chaleur aux participants, qui ont été mis à l'épreuve par le froid et le vent. Au moment de l'imposition des cendres, il a commencé à neiger, et alors que l'évêque passait d'un fidèle à l'autre, dispersant les cendres sur leur tête, les flocons sont descendus du ciel en silence.

Dieu est fidèle

Malgré le froid et l'obscurité, ce fut une célébration marquante. Dans son homélie, très courte vu les circonstances, Mgr Erik Varden a parlé du Carême comme d'un pèlerinage, et a rappelé :

«Ensemble, nous pouvons retourner à Dieu... Nous nous réjouissons que Dieu ne nous abandonne pas - même si nous sommes infidèles, Lui, Il est fidèle. Il voit notre graine de bonne volonté même quand elle semble gelée dans la glace».

La cathédrale de Trondheim vue de l'extérieur.
La cathédrale de Trondheim vue de l'extérieur.

Ordination de l'évêque en pleine pandémie

Le diocèse de Trondheim, dans le centre de la Norvège, compte 16 000 fidèles représentant 120 nationalités différentes. Avant le 12 mars, la cathédrale comptait entre 1200 et 1500 participants aux messes dominicales.

Après plus de dix ans, le diocèse de Trondheim a un nouvel évêque. En pleine pandémie, Erik Varden, norvégien de naissance, a été ordonné évêque de Trondheim début octobre, après avoir été abbé trappiste dans son monastère du Mont Saint Bernard en Angleterre ; il n'a pas encore exercé la fonction d'évêque dans des circonstances normales.

Réapprendre à être ensemble

«Ce fut une année extraordinaire», dit Mgr Varden, «mais la vie est faite de choses largement imprévisibles. Cela peut être difficile, mais c'est aussi une opportunité. Chaque crise conduit à une opportunité : elle rend les choses plus claires en supprimant le superflu... Nous avons appris ce que signifie être une société, nous avons besoin les uns des autres et nous voulons être ensemble», explique-t-il.

Heureux du succès de la messe des Cendres, l'évêque précise qu’aucune autre messe sous ce format n’est encore programmée, mais il n'exclut pas de continuer à célébrer des messes en plein air, s'il le juge nécessaire.

19 février 2021, 12:36