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Des enfants séropositifs dans un orphelinat de Nairobi au Kenya. (Nov 2018) Des enfants séropositifs dans un orphelinat de Nairobi au Kenya. (Nov 2018)  (ANSA)

Ne pas oublier le sida: l'appel des jésuites du continent africain

À l'approche de l'assemblée du réseau d'aide des jésuites d'Afrique, une note s'inquiète du fait que le déplacement de l'attention mondiale sur la pandémie de Covid-19 a entraîné une diminution des ressources pour la lutte contre le sida, qui reste une menace réelle sur le continent.

Vatican News Service

La pandémie de Covid-19 ne doit pas nous faire oublier que le virus du VIH et le sida constituent toujours une menace sérieuse pour l'Afrique et Madagascar: c'est ce que rappelle la Conférence des Jésuites pour le continent (Jcam), qui demande instamment «des actions fortes et coordonnées» pour contrer cette situation dramatique. Dans une note publiée en vue de l'Assemblée de l'Ajan (Africa Jesuit Aids Network), prévue du 4 au 6 février, son président, le père Agbonkhianmeghe Orobator, souligne que le déplacement de l'attention mondiale sur le coronavirus a entraîné une diminution des ressources pour la lutte contre le sida «comme si cette maladie était désormais dépassée». Mais c'est une perception erronée, car le virus VIH est et reste une menace, rappelle t-il.

Le Covid-19 a par ailleurs eu des répercussions plus importantes sur les patients atteints du sida pour deux raisons: premièrement, explique le père Orobator, ils «sont plus vulnérables au coronavirus en raison d'un système immunitaire déjà affaibli par le VIH» ; deuxièmement, ces patients n'ont plus «les mêmes ressources qu'auparavant» pour tenter de surmonter leur pathologie. D'où la suggestion des religieux de «diversifier les sources de financement, afin de ne pas devoir compter uniquement sur les donateurs extérieurs», et de pouvoir répondre véritablement aux besoins des fidèles «à la lumière des signes des temps».

Santé publique et justice sociale

Le monde, en effet, conclut le directeur de l'Ajan, voit de plus en plus «une augmentation des conséquences des maladies, des inégalités et des injustices, accompagnée d'un manque d'accès aux médicaments et aux médicaments pour les pauvres». Pour cette raison, les jésuites réaffirment leur engagement à «plaider en faveur de la santé publique et de la justice sociale». Pour sa part, le directeur de l'Ajan, le père Ismael Matambura, rappelle que l'un des enjeux vise à «améliorer la capacité de gestion, d'évaluation, de suivi et de mesure de l'organisme par rapport à l'impact du sida sur le territoire». Pour ce faire, le réseau investira dans la formation et le lancement de projets spécifiques, portant sur les objectifs du développement durable et les priorités de la santé publique mondiale.

Basé dans l'archidiocèse de Nairobi, au Kenya, l'Ajan facilite et coordonne les efforts des membres de la Compagnie de Jésus dans la lutte contre le VIH et le SIDA en Afrique par le biais de réseaux, de communication, de renforcement des capacités, de plaidoyer, de collecte de fonds et de mobilisation de ressources. L'organisation offre des services tels que les soins et le traitement du VIH, des conseils spirituels et psychosociaux ainsi qu'un développement humain intégral des malades par le biais de dons de moyens de subsistance et d'un soutien à l'éducation des orphelins et des enfants vulnérables.

 

03 février 2021, 11:43