Recherche

Vatican News
Le cardinal Schönborn interrogé par Radio Vatican/Vatican News lors du Synode sur l'Amazonie, en 2019. Le cardinal Schönborn interrogé par Radio Vatican/Vatican News lors du Synode sur l'Amazonie, en 2019. 

Cardinal Schönborn: le Pape invite à un engagement plus explicite dans l’évangélisation

Les ministères conférés aux laïcs ne seront plus exclusivement réservés aux hommes, selon un Motu Proprio du Pape François, publié ce lundi. Le cardinal Christoph Schönborn, archevêque de Vienne, en Autriche, se réjouit de cette décision dont la maturation était déjà en germe depuis de nombreuses années dans l’Église.

Entretien réalisé par Gudrun Sailer – Cité du Vatican

Dans le Motu Proprio Spiritus Domini, rendu public ce lundi 11 janvier 2021, le Pape François établit l’ouverture aux femmes des ministères du Lectorat et de l’Acolytat sous une forme stable et institutionnalisée, avec un mandat spécifique. De nombreuses communautés et paroisses à travers le monde permettaient déjà en pratique la participation des femmes comme lectrices, servantes d’autel, ou pour la distribution de la communion. C’est le cas par exemple en Autriche.

Le cardinal Christoph Schönborn, archevêque de Vienne, revient sur le sens de ce Motu Proprio signé par le Pape François.

R.- Ce Motus Proprio signifie que ces ministères, qui sont des ministères de laïcs, ne sont plus officiellement réservés à des hommes. Les femmes pourront les occuper, comme cela est déjà dans la pratique dans nombre de pays. C’était déjà l’objet de discussions après la publication du Motu Proprio Ministeria Quaedam du Pape Paul VI publié en 1972 dans lequel ce dernier clarifiait le fait que dorénavant, il n’y aurait plus les ordres mineurs - l’exorciste, l’acolyte, le porteur ou le lecteur que j’ai fait à Paris lors de mes études chez les Dominicains. Paul VI les a abolis et remplacés par deux ministères dont il est explicitement dit que ce sont des ministères de laïcs, en fonction et en vertu de leur grâce baptismale et de leur appartenance au peuple de Dieu. Mais Paul VI avait ajouté un petit paragraphe, par respect pour la tradition, indiquant que ces ministères laïcs étaient réservés à des hommes. Très tôt, déjà, on a discuté de cette question. N’est-ce pas trop limité? En tout cas, la discussion ne s’est jamais arrêtée. Nous en avons parlé au Synode de 2012 sous le Pape Benoît XVI dans le contexte de la nouvelle évangélisation, puis lors du Synode sur l’Amazonie en 2019. Alors, la question est revenue en force en raison de l’expérience de ces communautés (autochtones) souvent très éloignées où, de fait, des femmes exercent toutes ces fonctions, tous ces ministères. Maintenant, le Pape François dit: «voilà le ministère du lectorat et de l’acolytat ne sont plus officiellement réservés aux hommes, exclusivement, mais les hommes et femmes laïcs peuvent y accéder.»

 

L’Église universelle est diverse. Il existe des sensibilités liturgiques différentes. Est-ce que cette innovation sera acceptée selon vous à des rythmes variés par les Églises locales ? 

R.- Le Pape le dit bien: il sera de la compétence des conférences épiscopales d’établir les critères pour le discernement et la préparation des candidats et candidates aux ministères de Lectorat et d’Acolytat. Donc, là, il y a de la place pour une variété telle qu’elle existe de facto -et Dieu merci- dans l’Église universelle. Chaque Église locale a ses traditions, ses critères mais le Pape voulait mettre au clair et établir au plan du droit canon que ces ministères laïcs, qui sont donnés ou conférés suite à la grâce du baptême, peuvent être institués et établis pour les hommes et les femmes. À chaque conférence épiscopale de trouver le chemin juste pour l’actualisation de ce Motu Proprio, qui m’a réjoui.

Dans quelle mesure ce Motu Proprio est-il un motif de réjouissance pour les femmes qui s’engagent dans l’Église ?

R.- C’est toujours une joie quand l’Église, quand le Pape en tant que Pasteur universel de l’Église, invite à un engagement plus explicite dans l’évangélisation et la liturgie, et donc c’est une raison de se réjouir parce que le besoin d’annoncer la Parole de Dieu, non pas seulement de servir dans la liturgie, le service de la Parole, mais de le pratiquer aussi dans l’évangélisation est un grand désir. Alors qu’est-ce que cela peu signifier si nous avons des hommes et des femmes institués comme ministres de la Parole, c’est à voir dans chaque église mais c’est un grand encouragement de pratiquer le ministère de la Parole. Bien sûr, on doit le faire sans être formellement institués par l’Église, mais c’est tout de même bien de se préparer explicitement à ces ministères et d’en avoir la charge par l’Église. Cela donne plus de poids, et c’est une raison de se réjouir de cette impulsion que donne le Pape d’évangéliser. C’est ce qu’avait déjà fait le Pape Benoît lors du Synode de 2012 quand il avait invité à être ministre de la Parole, même si c’est seulement maintenant que c’est formellement institué.

 

 

11 janvier 2021, 18:53