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Messe de Noël célébrée par Mgr Pizzaballa dans l'église sainte Catherine de Bethléem Messe de Noël célébrée par Mgr Pizzaballa dans l'église sainte Catherine de Bethléem 

Pour Mgr Pizzaballa, l'Église de Terre Sainte doit surmonter le cléricalisme

Lors de la messe célébrée le 1er janvier, le patriarche latin de Jérusalem s’est attardé sur les nombreux aspects qui caractérisent l'Église en Terre Sainte, entre richesses et problèmes à surmonter.

Dépasser le cléricalisme et les particularismes internes qui risquent de «gêner le cheminement ecclésial» de l'Église locale, en repartant du Christ, Celui qui a brisé le mur de séparation par son incarnation: c’est, en substance, le cœur de l’homélie de Mgr Pizzaballa en la Solennité de sainte Marie mère de Dieu, le 1er janvier. Le patriarche latin a voulu réfléchir sur le thème de la paix dans une perspective proprement interne, en s'attardant sur les «barrières» que les croyants érigent parfois inconsciemment en eux-mêmes et entre eux.

Le fléau du cléricalisme

Mgr Pizzaballa en a énuméré quatre, le premier étant le cléricalisme, ou la «distance entre le clergé et les laïcs»: ce phénomène, évoqué à plusieurs reprises par le Pape François, est particulièrement présent dans l’Église de Jérusalem, a-t-il observé. La collaboration entre prêtres et laïcs est souvent mal comprise et finit par devenir: «faites simplement ce que le prêtre veut». Les facteurs culturels n'aident pas «à avoir une approche partagée de la vie ecclésiale»: d'une part, a-t-il noté, il est «difficile de convaincre d'avoir des conseils paroissiaux et de savoir comment partager des idées et des initiatives», d'autre part il est également «difficile de trouver des laïcs formés, engagés, désireux d'apporter une contribution positive à la communauté». Pour Mgr Pizzaballa, il s'agit «d'une véritable barrière qui doit être prise en considération, surtout en pensant aux générations futures, qui veulent être actrices de la vie de l'Église, et pas seulement exécutrices des ordres et des directives».

S'écouter les uns les autres

Le patriarche de Jérusalem a ensuite parlé du fossé générationnel entre ceux qui «regardent avec nostalgie le passé et regrettent un modèle d'Église et de communauté qui ne semble plus exister aujourd'hui», oubliant ainsi «de vivre le présent avec une sérénité chrétienne», et les jeunes qui «souhaitent changer même ce qui n'a peut-être pas besoin d'être changé». Les deux positions, a-t-il souligné, sont «des échappatoires au présent», alors que ce qui est demandé dans l'Eglise «est de s'écouter mutuellement, de se remercier pour ce qui a été fait jusqu'à présent et d'ouvrir de nouvelles voies selon la Grâce de Dieu». L’archevêque a également souligné la «distance entre les composantes locale et universelle de l'Église de Jérusalem», ou plutôt la «tentation», répandue dans tous les territoires inclus dans le patriarcat, «de considérer la composante universelle comme un “invité” et non comme une partie intégrante de l'Église», ou, au contraire, de considérer «la composante locale comme non pertinente, dépassée ou même en voie d'extinction», alors qu'au contraire, ces deux âmes «doivent se soutenir mutuellement, étant toutes deux nécessaires, constitutives de l'identité et de l'histoire de notre Église».

Le cœur en Christ

D'autres barrières sont représentées par les quatre identités nationales du diocèse: Jordanie, Israël, Palestine et Chypre, «souvent construites contre ou en antithèse», également en raison du contexte conflictuel dans lequel vit l'Église locale, et des diversités linguistiques qui sont «une incroyable richesse, mais aussi un obstacle non moindre à la rencontre et au partage». Pour Mgr Pizzaballa, il existe un dénominateur commun à toutes ces difficultés et il s’agit de l’individualisme, «devenu central», même dans l’Église de Jérusalem.

La manière de les surmonter et de les améliorer est donc de «partir de notre relation avec le Christ et non de nos besoins, de placer notre cœur dans le cœur du Christ, de lire notre réalité, également ecclésiale, à la lumière de la Parole de Dieu. Nous ne pouvons pas vivre sans amour et l'amour dont il faut partir, a conclu le Patriarche, est l'amour de Celui qui a donné sa vie pour nous et pour notre salut».

Vatican News Service - LZ

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04 janvier 2021, 11:40