Recherche

Vatican News
Membres de la garde d'honneur du Kenya, lors des cérémonies marquant l'indépendance du pays, le 12 décembre 2020. Membres de la garde d'honneur du Kenya, lors des cérémonies marquant l'indépendance du pays, le 12 décembre 2020.  (AFP or licensors)

Référendum au Kenya: appel des Églises chrétiennes à la paix

Par crainte de violences, les responsables chrétiens demandent à la classe politique kenyane de bien séparer le débat autour d'un référendum constitutionnel en 2021 et les élections générales de 2022. Après deux jours de rencontres, ils ont également exprimé leur inquiétude par rapport à la pandémie et demandent un retour à l’école au plus vite.

Vendredi dernier, au terme d’une Conférence de deux jours, convoquée par la Commission épiscopale Justice et paix et par le Conseil national des Églises du Kenya sous l’égide du Programme d’engagement œcuménique civique, les responsables chrétiens ont lancé un appel à la paix et la stabilité afin de construire un futur meilleur pour le pays, rapporte l'Aciafrica.

Le référendum constitutionnel qui devrait se tenir entre les mois d’avril et de juin 2021 était au centre de leurs échanges «pour une prise de décision éclairée et participative sur les amendements constitutionnels». Leur crainte est de voir les politiciens kényans instrumentaliser le référendum qui modifierait le rôle du Premier ministre et de provoquer des divisions au niveau national, avant les élections générales de 2022.

Rejeter les politiciens incitant à la haine

Leur inquiétude n’est pas infondée: déjà en 2005, un référendum constitutionnel a exacerbé les tensions avant les élections de 2007 et 2008, rappellent-il. Après le scrutin présidentiel de 2007, le président sortant Mwai Kibaki avait été déclaré vainqueur alors que les partisans de Raila Odinga criaient à la fraude. La contestation avait dégénéré re en violences. Plus de 1 500 personnes ont été tuées, 300 000 déplacées.

«Nous devons faire tout notre possible pour prévenir un scénario similaire et exhortons la population du Kenya à rejeter tout politicien qui inciterait au conflit et à la violence au sein de la communauté», écrivent-il dans une déclaration commune.

Dans ce texte, ils soulignent l’importance du dialogue et de la recherche d'un consensus dans le débat sur les changements constitutionnels, «la Constitution est trop importante pour faire l'objet de conflits et d'affrontements politiques».

Sans se prononcer sur le contenu de la question référendaire – ce qui est pour le moment jugé prématuré, les responsables religieux réitèrent leur engagement à «promouvoir la construction de l'harmonie, afin d’encourager l'unité et la paix dans la nation, et non la division et la concurrence». C'est pourquoi ils invitent les citoyens à bien s'informer au sujet du référendum, en participant à des forums civiques pour bien comprendre les implications de la réforme proposée, sans se laisser entraîner dans des divisions politiques, mais plutôt en exerçant leur «pouvoir souverain» dans l'isoloir, conscients du fait que leur décision «influencera la façon dont le pays sera gouverné».

Les membres du clergé sont également encouragés par leurs chefs à «fournir à la population une interprétation véridique de la proposition de référendum, afin que les gens ne se laissent pas influencer». Une demande similaire est également adressée aux autorités, afin qu'elles fournissent aux citoyens «des ressources adéquates pour l'éducation civique et prennent en compte les opinions de tous, en particulier de ceux qui s'opposent au référendum, et en poursuivant toute personne qui incite à la violence mutuelle».

Une pandémie aux conséquences désastreuses

Parmi les autres questions abordées dans la déclaration finale, la pandémie de Covid-19, au sujet de laquelle les dirigeants chrétiens expriment leur «profonde inquiétude», car elle «a déchiré des familles, appauvri des hommes et des femmes qui ont perdu leur emploi et leurs moyens de subsistance, entraîné une augmentation des mauvais traitements infligés aux enfants et de la violence sexiste, dévasté la santé et le bien-être de la population et perturbé le culte communautaire». Pour cette raison, les chefs religieux demandent à la population de «prier et de jeûner afin de mettre fin à l'urgence sanitaire», tandis que le gouvernement est appelé à donner «la priorité au bien-être des citoyens, en particulier des travailleurs de la santé».

À cet égard, les chefs religieux soulignent l'importance pour les jeunes de reprendre des études normales. Les écoles publiques et privées ont fermé à la mi-mars et devraient rester portes closes jusqu’en janvier. Leur déclaration insiste sur la nécessité pour «toutes les parties concernées de s'engager avec le ministère de l'Éducation pour s'assurer que les établissements d'enseignement sont prêts à rouvrir et dans de bonnes conditions pour les étudiants, sans les exposer au risque d'infection par le Covid-19». Ils suggèrent enfin à l'exécutif d'envisager l'exonération des frais de scolarité impayés par les familles qui ont été fortement touchées par la pandémie.

Vatican News Service – IP

13 décembre 2020, 16:09