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Un prêtre salue les fidèles à la sortie de l'église Saint-Jean-Baptiste de Neuilly-sur-Seine, le 23 mai 2020. Un prêtre salue les fidèles à la sortie de l'église Saint-Jean-Baptiste de Neuilly-sur-Seine, le 23 mai 2020.  (AFP or licensors)

Une étude montre les fragilités de santé des prêtres en France

Le Conseil permanent de la Conférence des évêques de France avait souhaité la mise en place d’une étude sur la santé des prêtres diocésains en activité. Elle met en lumière une prévalence de tendances dépressives supérieure à celle de l’ensemble de la population.

Cette étude a pour origine les signaux reçus sur les problèmes de santé et d’équilibre de vie qui peuvent exister chez certains prêtres diocésains, explique un communiqué de la conférence épiscopale. Plusieurs cas récents de suicides avaient provoqué un choc profond dans certains diocèses, et au-delà de ces cas extrêmes, de nombreux prêtres manifestent des signes de fatigue, parfois liés à des difficultés relationnelles mais aussi à une tension liée à la dégradation de l’image du prêtre dans l’opinion publique.

Cette étude a été réalisée de février à juin 2020, et ciblait les prêtres diocésains en activité (de moins de 75 ans), exerçant une charge pastorale dans les diocèses français). Sur les 6313 prêtres correspondant à la cible, 2656 ont rendu une réponse exploitable pour cette enquête, ce qui représente un panel significatif, même si la surreprésentation de prêtres plus jeunes parmi ceux qui ont pu répondre peut amener à sous-évaluer certains problèmes de santé, plus fréquents pour des prêtres proches de la retraite canonique, dont certains continuent à assurer des services bien au-delà des 75 ans.

Lien vers la synthèse de cette étude

Des signes de fragilité psychique

Si une majorité des prêtres interrogés s’estiment en relativement bonne santé physique, plusieurs éléments inquiétants ressortent, notamment une forte prévalence des états dépressifs quel que soit l’âge, accentuée par l’isolement dans son lieu de vie et l’absence de soutien pastoral et matériel. 40% présentent un faible score d’accomplissement personnel, 20% des prêtres estiment leur charge de travail trop lourde, et 2% sont en burn-out. Un tiers des prêtres ne bénéficient d’aucun accompagnement individuel, et la même proportion n’est intégrée dans aucun groupe de parole.

Deux prêtres sur cinq présentent un mésusage de l’alcool et plus de six prêtres sur dix sont en situation de surpoids ou d’obésité. En revanche, les fumeurs sont peu nombreux (10%) et 60% des prêtres interrogés ont pratiqué un examen de santé périodique au cours des cinq dernières années.

Cette étude a été présentée aux évêques de France réunis en Assemblée plénière extraordinaire ce mercredi 25 novembre 2020, par Mgr Benoit Bertrand, évêque de Mende, qui avait la responsabilité du Comité de pilotage de cette étude.  L’étude a été financée par la Fondation nationale du Clergé et la Mutuelle Saint-Martin, et elle a été réalisée par un cabinet spécialisé indépendant, Icone Mediation Santé. L’objectif était de mettre en évidence les déterminants majeurs l’état de santé des prêtres diocésains, afin de mener des actions de prévention ciblées et priorisées.

Des prêtres et des professionnels de santé faisaient partie du Comité de pilotage, ainsi que la responsable du service d’accompagnement des prêtres du diocèse de Lille, Myriam Jaupitre. Interrogée par Olivier Bonnel, elle témoigne de son expérience dans ce suivi des prêtres diocésains.

Entretien avec Myriam Jaupitre
25 novembre 2020, 18:56