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 Le Père jésuite Jean-Paul SAVI nous introduit à la méditation avec les lectures du 30 ième dimanche du temps ordinaire de l’année liturgique A. Le Père jésuite Jean-Paul SAVI nous introduit à la méditation avec les lectures du 30 ième dimanche du temps ordinaire de l’année liturgique A. 

Méditation du 30 ème dimanche ordinaire : « L’amour est la mesure de toute chose »

Le Père jésuite Jean-Paul SAVI nous introduit à la méditation avec les lectures du 30 ième dimanche du temps ordinaire de l’année liturgique A.

Chers frères et sœurs, en ce 30e dimanche du temps ordinaire, les lectures nous rappellent ce qui est à la base de la pratique de la loi. En effet, la loi est ce qui régit la vie des sociétés et des Hommes. Mais comment pratiquer la loi afin qu’elle ne soit pas un instrument d’oppression ?  Dans l’évangile de ce dimanche, une question précise a été posée à Jésus : « maître, dans la Loi, quel est le plus grand commandement ? » (Mt 22, 36).

Les pharisiens posent cette question pour défier Jésus. Mais à voir de plus près, leur demande ne semble pas si innocente. En fait, la manière d’agir de Jésus face à la Loi constitue un réel problème pour ces hommes très méticuleux sur des questions juridiques. Eux-mêmes dans leurs assemblées doivent être confrontés à cette même question puisque dans la loi juive, il y a 613 commandements. Face à certaines situations de la vie, il faut bien établir une hiérarchie entre les commandements. Mais Jésus ramène le débat à ce qui est essentiel : « aimer Dieu et aimer son prochain ». Dans la Loi, voilà ce qui est le plus grand : l’amour est la mesure de toute chose. Mais comment traitons-nous les autres face à la loi ?

Dans la première lecture, nous voyons que le fondement de la loi vient de l’expérience de l’esclavage en Égypte et la libération du peuple d’Israël par Dieu. Dieu s’est révélé comme celui qui écoute le cri de ceux et celles qui sont accablés et opprimés par les hommes et par la vie. Pour défendre leur liberté, leur bonheur et leur dignité, des lois ont été instituées. Les lois sont donc émises pour protéger les plus faibles. La loi n’est donc pas basée sur la punition ou la domination ; mais c’est l’amour qui l’a produite. Aujourd’hui, dans nos vies et dans nos sociétés, sur quelles bases sont émises nos lois ? Les lois sont-elles faites pour protéger et défendre le faible ? Ou c’est plutôt pour protéger et défendre nos intérêts personnels et égoïstes ? Ne l’oublions pas. Le Seigneur nous dit encore aujourd’hui : si tu accables la veuve et l’orphelin et qu’ils crient vers moi, j’écouterai leur cri. Ma colère s’enflammera et je vous ferai périr (Ex 22, 21-23).

Malheureusement, il faut encore nous menacer pour que l’amour se manifeste de plus en plus dans la pratique de la loi. Souvent au nom même de la loi qu’on prétend défendre, on oublie le commandement de l’amour. Mais Jésus nous ramène aujourd’hui à l’essentiel : « tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit…et tu aimeras ton prochain comme toi-même » (Mt 22, 37-39). Jésus recadre la question des pharisiens en les invitant à sortir de tout esprit légaliste. Avec Dieu, la loi est d’abord une question d’amour. Aujourd’hui, la question des pharisiens s’adresse aussi à nous. Dans notre relation avec nous-mêmes et avec les autres en famille, en société, sur nos lieux de travail, qu’est-ce qui est le plus grand ? Saint Jean nous le rappelle : « si quelqu’un dit : « J’aime Dieu », alors qu’il a de la haine contre son frère, c’est un menteur. En effet, celui qui n’aime pas son frère qu’il voit, ne peut pas aimer Dieu qu’il ne voit pas » (1Jn 4, 20).

Chers frères et sœurs, ne nous trompons donc pas de cible. Pour mieux vivre notre vie chrétienne, contemplons la vie de Jésus et comment l’amour s’est manifesté en Lui. En ce dimanche, prions le Seigneur afin que notre pratique de la loi et notre relation avec nous-même et les autres soient imprégnées de plus d’amour et de compassion. 

Méditation du 30 dimanche du Temps Ordinaire de l’année liturgique A avec le Père Jean-Paul SAVI, SJ
24 octobre 2020, 13:22