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Manifestation pour la libération du père Swamy le 21 octobre à Secunderabad Manifestation pour la libération du père Swamy le 21 octobre à Secunderabad  (AFP or licensors)

Mobilisation accrue en Inde pour le père Swamy

En Inde, l'Église catholique poursuit sa mobilisation en faveur de la libération du père Stan Swamy, arrêté début octobre pour sédition et terrorisme. Son cas a alerté le Haut Commissaire aux droits de l'Homme.

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Ses dénégations et la mobilisation générale en faveur du père Swamy, prêtre jésuite de 83 ans, connu pour son engagement en faveur des peuples indigènes de l'État du Jharkhand, n'y font rien : le tribunal spécial de l'Agence nationale indienne d'investigation (Nia) a rejeté sa demande de remise en liberté sous caution pour motifs de santé. Il est maintenu en détention au sein du service de quarantaine de la prison de Taloja, près de Bombay.

 

Arrêté le 8 octobre par la Nia, le jésuite nie les accusations de sédition et de terrorisme dont il est l'objet. Les manifestations de solidarité sont nombreuses dans tout le pays. Le 18 octobre - selon l'agence Ucanews - les églises de l'État du Tamil Nadu ont célébré des messes spéciales pour la bonne santé du prêtre. Dans un message, le président du Conseil des évêques du Tamil Nadu, Mgr Antony Poppusamy, archevêque de Madurai, a rappelé l'engagement inlassable des jésuites en faveur des droits des peuples indigènes et des dalits, les anciens intouchables. Le 16 octobre dans l'État du Jharkhand, un millier de chrétiens, dont l'archevêque de Ranchi, Felix Toppo, des évêques, des prêtres et des religieux, ont participé à une chaîne humaine de cinq kilomètres organisée par l'évêque auxiliaire de l'archidiocèse, Mgr Théodore Mascarenhas, pour réitérer la fausseté des accusations et exiger la libération immédiate des religieux.

Mobilisation politique de l'opposition

Plusieurs dirigeants politiques de l'opposition, dont des membres du Parti du Congrès, qui ont participé à une marche pour la justice ("Nyaya March") ces derniers jours, se sont également mobilisés contre l'arrestation, parlant d'accusations et de preuves manipulées par les autorités pour piéger le prêtre, coupable de défendre les droits des opprimés. La solidarité a également été exprimée par l'organisation indienne des droits civils People's Union for Civil Liberties, qui a organisé une conférence de presse virtuelle sur l'affaire.

En attendant, une équipe d'avocats de Bombay travaille à faire appel de la détention judiciaire du père Swamy. Ces dernières semaines, seize autres personnes ont été arrêtées pour des motifs similaires, dont les célèbres défenseurs des droits de l'Homme Arun Ferreira et Sudha Bharadwaj, tous deux avocats, et Vernon Gonsalves et Varavara Rao, écrivains.

Intervention de l'ONU

Ucanews rapporte que la Haut Commissaire des Nations unies aux droits de l'Homme, Michelle Bachelet, est également intervenue sur la question. Dans une déclaration, elle a appelé le gouvernement indien à protéger les droits des militants et des ONG, remettant en question la loi controversée sur la prévention des activités illégales (Uapa) en vertu de laquelle le père Swamy a été arrêté. «Plus de 1 500 personnes en Inde auraient été emprisonnées pour avoir protesté et beaucoup sont accusées en vertu de l'Uapa, une loi très critiquée parce qu'elle ne respecte pas les normes internationales en matière de droits de l'Homme», déclare Michelle Bachelet dans sa déclaration, qui cite le cas du père Swamy.

Le gouvernement de New Delhi estime que l'on ne peut violer cette loi sous prétexte des droits de l'Homme. Un porte-parole de l'exécutif a rejeté les déclarations de Michelle Bachelet, déclarant que l'Inde est un pays démocratique fondé sur l'État de droit dans lequel l'indépendance du pouvoir judiciaire est garantie.

24 octobre 2020, 17:24