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Les habitants de Cabo Delgado fuient les violences et se voient démunis de tout Les habitants de Cabo Delgado fuient les violences et se voient démunis de tout  (ANSA)

Mozambique : l’appel du Conseil œcuménique des Églises contre les violences

Dans une lettre adressée au président Nyusi, le Conseil œcuménique des Églises et l’alliance œcuménique «Act Alliance» pressent les autorités mozambicaines de tout faire pour protéger les vies, les biens et moyens de subsistance du pays en butte à une montée croissante des violences, en particulier dans les provinces du nord et du centre.

Les deux organisations chrétiennes s’inquiètent de «l’impact humanitaire» engendré par les «violentes attaques de groupes armés». «Des gens ont été tués, des maisons et des moyens de subsistance ont été détruits, et des milliers d'habitants ont été déplacés sans aucune ressource pour survivre, devenant ainsi encore plus vulnérables, en particulier dans le contexte de la pandémie Covid-19», peut-on lire dans cette lettre.

Condamnant les meurtres et les exactions qui continuent de se produire, le COE et Act Alliance poursuivent : «la communauté œcuménique mondiale est solidaire du peuple du Mozambique face à cette violence inacceptable». De là, l'appel lancé à Nyusi et aux autorités pour qu'ils «remplissent leur devoir envers les populations locales, en protégeant leur vie, leurs biens et leurs moyens de subsistance contre la menace d'attaques violentes et de déplacements». «Nous prions que Dieu accorde la sagesse, la direction et la force pour relever ces défis», conclut la lettre.

 

Depuis 2017, la région septentrionale de Cabo Delgado subit les agressions de milices islamiques autoproclamées, en provenance de territoires voisins. Des milliers de personnes sont mortes et plus de 200 000 autres ont été déplacées jusqu'à ce jour. En juin dernier, la conférence épiscopale du Mozambique évoquait cette douloureuse situation lors de son assemblée plénière ; à la fin de la réunion, les évêques adressaient un message aux fidèles de cette région meurtrie, dans lequel ils déploraient la violence et appellent à une solidarité commune. «Il est nécessaire d'intervenir sur les causes du conflit également par la promotion de projets de développement et la fourniture de services essentiels, tels que ceux liés à la santé et à l'éducation», suggéraient-ils dans ce message. Le 12 avril dernier, dans son message Urbi et Orbi du dimanche de Pâques, le Pape François avait appelé à prier pour «les personnes qui traversent de graves crises humanitaires», citant précisément l’exemple de région de Cabo Delgado.

05 août 2020, 15:21