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Photo d'illustration. Photo d'illustration.   (Vatican Media)

L'Église kenyane mobilisée contre le projet de loi bioéthique

La conférence des évêques kenyans et plusieurs groupes pro-vie demandent le retrait d'un projet de loi sur les soins de santé, dénonçant «des illégalités et des pratiques qui ne sont pas acceptables»

Père Benoît Mayaki, SJ

Les évêques kenyans, ainsi que plusieurs groupes pro-vie dans le pays, ont fait pression contre un projet de loi sur les soins de santé génésique de 2019 actuellement devant le sénat du pays d'Afrique de l'Est. Dans un mémorandum collectif du 17 août adressé à la commission sénatoriale de la santé, les groupes ont demandé le retrait du projet de loi "entièrement sans amendements", suite à de nouveaux appels à la participation du public à la loi proposée.

Le mémorandum a été signé par les dirigeants de 26 groupes, dont la Conférence des évêques du Kenya (KCCB), les députés catholiques du Kenya, le Forum des professionnels chrétiens du Kenya (KCPF), les frères franciscains du Kenya, l'Alliance évangélique du Kenya (EAK) et l'Association des médecins catholiques du Kenya, entre autres.

Préoccupations soulevées

Les groupes ont énuméré diverses préoccupations concernant le projet de loi proposé, arguant qu'il pousse à «des illégalités et des pratiques qui ne sont pas acceptables» car il «rendra l'avortement sur demande légal» - ce qui, selon eux, «est contraire à l'esprit de notre Constitution de 2010 et du Code pénal».

En outre, ces groupes allèguent que le projet de loi est «parrainé et défendu par des ONG étrangères qui ont continuellement fait pression en ligne, par les médias et aussi en organisant des ateliers avec un certain nombre de législateurs». Tout cela, prétendent-ils, vise à rendre l'avortement légal dans toute l'Afrique, à commencer par le Kenya.

Ils ont également déclaré que la loi proposée pousse à la Procréation médicalement assistée (PMA) «sans offrir un cadre clair sur la façon dont elle peut être pratiquée» et avec tous ses effets négatifs «y compris le préjudice causé aux meilleurs intérêts de l'enfant et à l'esprit de l'article 45 de la Constitution». Ils ont également déclaré que le projet de loi laisse «des échappatoires pour les unions de même sexe et les pratiques connexes qui sont actuellement illégales dans le pays», et qu'il vise «à légaliser l'éducation sexuelle complète (ECS) au nom d'une éducation adaptée aux adolescents».

Les évêques kenyans contre le projet de loi

Les évêques catholiques du Kenya ont fait entendre leur voix dans leur campagne contre la loi proposée. Le 23 juin dernier, ils ont expliqué leur opposition au projet de loi dans une lettre adressée aux membres catholiques du Parlement du pays. Ils ont énuméré diverses préoccupations, notamment la formulation «délibérément ambiguë» du projet de loi qui contrevient aux enseignements de l'Évangile, en particulier en ce qui concerne le droit à la vie et la protection des enfants et de la famille.

Les évêques ont contesté en particulier la définition de la grossesse comme «la présence d'un fœtus dans l'utérus» - une définition qui, selon eux, ne reconnaît pas le droit à la vie de chacun, et que la vie d'une personne commence dès la conception. Ils ont également souligné qu'ils sont conscients qu'«une proposition visant à légaliser l'avortement a été présentée au Parlement».

«En tant qu'évêques, nous répondons à notre conviction qui considère l'avortement comme un meurtre intentionnel de la vie humaine», peut-on lire dans la déclaration des évêques du mois de juin. 

Comme alternative à une clause du projet de loi qui fournit une justification pour «l'interruption de grossesse non désirée», les évêques proposent une approche proactive qui implique «des programmes de mentorat et de changement de comportement, des programmes de compétences de vie et de sexualité humaine».

 

 

21 août 2020, 12:45