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Une manifestation à Islamabad, la capitale pakistanaise, contre l'arrêt de la construction d'un temple hindou, le 8 juillet 2020. Une manifestation à Islamabad, la capitale pakistanaise, contre l'arrêt de la construction d'un temple hindou, le 8 juillet 2020.  (AFP or licensors)

Au Pakistan, l'intolérance envers les minorités en hausse

L'urgence de la Covid-19 ne met pas fin à la violence et à la discrimination contre les minorités religieuses au Pakistan. Au contraire, les incidents d'intolérance et d'agression se sont intensifiés au cours des derniers mois.

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Le meurtre en juin dernier de Nadeem Joseph, un chrétien de Peshawar, qui est mort après vingt jours d'agonie suite à un coup de feu tiré par un voisin parce qu'il avait acheté une maison dans un quartier musulman de la ville, a provoqué un tumulte particulier dans le pays. Mardi 7 juillet, la Commission nationale pour la justice et la paix de la Conférence épiscopale du Pakistan (Ncjp) est également intervenue sur ce dossier. Dans un communiqué, repris par l'agence Ucanews, elle déplore la multiplication de ces épisodes dans le pays, dénonçant la discrimination des non-musulmans dans l'accès aux aides pour la pandémie.

«La société pakistanaise est devenue intolérante et vivre en tant que minorité religieuse devient de plus en plus difficile», peut-on lire dans la note signée par le président de la Ncpj, Mr Joseph Arshad. «Ce n'est pas un cas isolé. Il y a beaucoup d'épisodes qui ne sont pas rapportés», dénonce la Commission Justice et Paix. Les minorités religieuses continuent de subir des discriminations au quotidien, qu'il s'agisse du refus de fournir des denrées alimentaires et de l'aide pour la pandémie actuelle ou du refus de fournir des équipements de protection individuelle aux agents de santé et aux travailleurs des services essentiels appartenant à des minorités.

La Commission Justice et Paix appelle donc les forces de l'ordre à faire tout leur possible pour traduire en justice l'auteur du meurtre de Joseph Nadeem: «Cette affaire constitue une violation manifeste des droits de l'homme et de la loi et ne peut rester impunie». 

Construction d'un temple hindou stoppée 

La Commission Justice et Paix, rapporte Ucanews, s'est également jointe à la critique de la décision controversée des autorités locales d'Islamabad de bloquer la construction d'un temple hindou dans la capitale pakistanaise. Cette décision fait suite aux violentes protestations de certains extrémistes musulmans contre le feu vert donné par le Premier ministre Imran Khan pour allouer 100 millions de roupies (soit 597 000 dollars) à la construction du temple. Selon le directeur de la Ncpj, le père Emmanuel Yousaf, la décision de bloquer la construction du temple «reflète la non-acceptation des minorités religieuses qui font partie intégrante du pays depuis des siècles», et «porte atteinte aux garanties prévues par l'article 20 de la Constitution pakistanaise, qui reconnaît la liberté des minorités de professer une religion et de gérer leurs propres institutions», a-t-il ajouté, rappelant que le gouvernement doit sauvegarder leurs droits constitutionnels.

08 juillet 2020, 18:13