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Célébration du dimanche des Rameaux dans la capitale Centrafricaine, le 5 avril 2020. Célébration du dimanche des Rameaux dans la capitale Centrafricaine, le 5 avril 2020. 

Une Pâques perturbée par le covid-19 en RCA

Comme dans de nombreux pays africains, les célébrations de Pâques seront considérablement bouleversées par la pandémie de Covid-19 en République centrafricaine. Déjà éprouvée par plusieurs années de guerre et par une grande pauvreté, la Centrafrique craint l'arrivée de l'épidémie à laquelle elle ne pourrait pas faire face.

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«La République centrafricaine ne compte que cinq million d'habitants mais ne dispose que de trois respirateurs dans la capitale» : c'est par ce rapport que le père Federico Trinchero, carme déchaux, en mission à Bangui au sein du couvent du Mont-Carmel, en bordure de la ville, résume la situation. En cas de développement de l'épidémie dans le pays, «l'État n'est pas en mesure d'affronter une situation d'urgence, ce serait une catastrophe», poursuit le missionnaire italien.

Pour faire face, les autorités ont décidé d'anticiper et de fermer les écoles, les bars et les restaurants pour éviter les attroupements. L'Église aussi a pris des mesures drastiques : si les églises restent ouvertes, «on ne pourra célébrer qu'en présence d'une quinzaine de fidèles au maximum» explique le père Trinchero. «C'est un coup dur pour les fidèles en Centrafrique car on est habitué à des célébrations où il y a normalement des centaines de personnes, voire plus d'un millier dans certaines paroisses», poursuit-il.

La radio : un lien vital 

Mais le père Trinchero ne se laisse pas abattre et souligne aussitôt qu' «heureusement l'Église dans la capitale, mais aussi dans d'autres diocèses du pays, dispose de radios qui peuvent diffuser la célébration de l'eucharistie et d'autres moments de prière. Les fidèles centrafricains écoutaient déjà beaucoup ces radios qui les accompagnent dans la journée».

Ces mesures posent toutefois un autre problème pour la célébration des baptêmes. «Il y a toujours des centaines de catéchumènes qui se sont préparés durant le Carême pour être baptisés le jour de Pâques. Ce ne sera pas possible» regrette le carme, qui précise que le sacrement sera donné à une date ultérieure.

Concernant l'état d'esprit général des catholiques centrafricains, le père Trinchero, qui vit en Centrafrique depuis 2009, reconnaît que «le pays est habitué à vivre des situations d'urgence ; il vient de sortir d'une guerre et est très pauvre. D'un certain côté, nous sommes déjà prêts et habitués à vivre dans des situations de ce genre». Et d'ajouter : «on ne va pas se décourager et on va quand même célébrer Pâques. Si notre cœur, à cause des horreurs, est plus habitué à la mort, notamment des jeunes et des enfants, la mort, cela fait toujours peur. Nous demandons comme grâce de Pâques que le virus n'atteigne pas la Centrafrique ou qu'il ne se répande pas trop et nous demandons la grâce de renforcer notre foi dans le Christ vainqueur de la mort».

Entretien avec le père Federico Trinchero
11 avril 2020, 10:33