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Mgr Pizzaballa à l'intérieur de la basilique du Saint-Sépulcre de Jérusalem, le 9 avril 2020. Mgr Pizzaballa à l'intérieur de la basilique du Saint-Sépulcre de Jérusalem, le 9 avril 2020.  

Mgr Pizzaballa: Savoir voir, à travers la douleur, les choses nouvelles que Dieu crée

À Jérusalem, c’est la première fois en au moins un siècle que la basilique du Saint-Sépulcre est fermée pour les célébrations du Triduum pascal. À l’instar de l’office de la Passion et du Chemin de Croix du Vendredi Saint, la Vigile pascale s’est déroulée sans fidèles ce samedi 11 avril 2020. Dans son homélie, l’administrateur apostolique de Jérusalem à une capacité de contemplation renouvelée après «ces temps de vide».

«L’expérience de ces jours-ci est la plus proche de l'expérience pascale et du signe, du Saint-Sépulcre du Christ auprès duquel nous vivons». C’est par ces fortes paroles que l’administrateur apostolique de Jérusalem, Mgr Pierbattista Pizzaballa a initié son homélie de la Vigile pascale, samedi 11 avril 2020.

«Ce que nous vivons, en fait, ce sont des jours marqués par un grand vide : vide de rites, vide de visages, vide de présences, vide de contacts…», a-t-il expliqué, en poursuivant: «Nous ne parvenons pas à bien comprendre ce qui se passe, nous n’arrivons pas à voir ou entrevoir ce qui va se passer, comment nous serons, comment et si nous reprendrons notre vie».

Une réaction que l’administrateur apostolique du Patriarcat latin de Jérusalem compare ainsi à celle des femmes «au matin de la première Pâque»,  de même qu’«aux sentiments des disciples après la douleur du Vendredi Saint et le silence du Samedi».

Voir les signes de la mort et croire

Nous ne devrions donc pas chercher à fuir ce sentiment trop rapidement, en conclut Mgr Pizzaballa, car «éduqués par le Vendredi et le Samedi Saint, nous, les chrétiens, devrions être capables d'affronter la mort, de faire face à la tombe, au silence de Dieu et des hommes». 

 

«En effet, la joie de Pâques n'est pas un banal happy end de l'histoire de Jésus, relève-t-il, ce n'est pas la fin heureuse de l'Évangile grâce à laquelle ils vécurent tous heureux pour toujours, ni l'effacement de la douleur du monde ou la simple suppression des nombreuses blessures sanglantes de l'histoire».

Au contraire, estime-t-il, la joie de Pâques, la vraie joie, nait et consiste précisément en une nouvelle capacité à regarder le vide, à dialoguer avec la douleur, à voir les signes de la mort et à croire.

Au-delà des larmes et lamentations, la vision

«Venez et voyez», c’est le regard pascal. Pour Mgr Pizzaballa, ce vide que l’on a atteint ces jours derniers ressemble beaucoup au vide du Tombeau du Seigneur. «Je pense donc que dans les jours et les mois à venir, nous aurons tous besoin d'une capacité de contemplation renouvelée. Une vision: c'est ce que nous demandons et nous voulons. Savoir voir, à travers la douleur et la mort, les choses nouvelles que Dieu crée et recrée», a ajouté l’ancien Custode de Terre Sainte, insistant bien sur le fait d’aller «au-delà des larmes et lamentations», pour «nous ouvrir courageusement à des relations renouvelées dans lesquelles l'écoute et l'émerveillement pour l'autre et sa vie, surtout s'il est faible et fragile, passent avant mon intérêt, mes préjugés et mon profit».

Être plus conscients du don à offrir et recevoir

«Personne ne peut se sauver seul», comme l’avait répété le Pape lors de la bénédiction Urbi et Orbi du 27 mars dernier, n'est pas seulement le refrain de nos jours, c'est la vérité de l'existence, assure Mgr Pizzaballa. «Et si, à certains moments, il est juste et approprié de ‘’rester à la maison’’, c'est seulement pour que nous puissions en sortir plus conscients du don à offrir et à recevoir», a-t-il complété.

«Que cette Pâque soit encore une nouvelle création et que le chaos du monde y retrouve ordre et beauté», a enfin souhaité l’administrateur apostolique du Patriarcat latin. 

11 avril 2020, 11:58