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Mgr Stenger, co-président de Pax Christi International. Mgr Stenger, co-président de Pax Christi International. 

Mgr Stenger: «la pandémie nous interroge sur la mondialisation»

L'évêque de Troyes, qui co-préside le mouvement Pax Christi International livre une réflexion sur l'épidémie actuelle qui interroge nos modes de vie. Il invite à réfléchir à «l'après-coronavirus» et appelle à changer les discours et pratiques.

Dans un texte publié sur le site du mouvement Pax Christi International dont il est le co-président, Mgr Marc Stenger, l'évêque de Troyes invite à la réflexion à la lumière de la pandémie actuelle de coronavirus. Un texte qui pose de nombreuses questions sur nos rapports sociaux, sur la manière d'envisager la marche du monde, tant les cartes semblent rebattues par cette épidémie.

«La pandémie liée à la propagation du Coronavirus a un fort impact sur de nombreux aspects de la coexistence entre les hommes et à ce titre elle concerne aussi Pax Christi et la Doctrine Sociale de l’Eglise écrit Mgr Stenger, aujourd’hui beaucoup pensent à l’après – pandémie, comme à un temps où tout redeviendra comme avant, où on réalisera ce qu’on a reporté, et cela est bien compréhensible. Mais il est probable que rien ne sera plus comme avant.

Mgr Stenger invite ainsi à «réfléchir sur l’après-coronavirus et ne pas penser simplement à reproduire nos discours et nos pratiques.» Le dévouement à l’extrême des personnels de santé ne parvient pas à masquer que nous n’étions pas prêts à affronter une tempête aussi lourde, explique l'évêque français. «Nous pouvons mesurer les insuffisances de notre système économique reposant de manière absolue sur la recherche du profit quitte à déséquilibrer tous les échanges, alors qu’en ce moment ils auraient dû au contraire être fluides et solidaires».

La validité de «Laudato Si»

Mgr Stenger cite ainsi comme exemple l’enrayement actuel de la production et de la fourniture de masques chez nous «que la Chine vient heureusement compenser». On constate ainsi, poursuit-il «la validité de la critique de « Laudato Si » contre une société et un système qui font avec le choix de la délocalisation prévaloir les intérêts particuliers sur le bien commun».

De graves questions sont à poser sur le rapport entre l’homme et la nature, explique encore le président de Pax Christi, «une forme de « naturalisme » nous a fait oublier que « tout est lié », qu’il ne faut pas seulement se préoccuper de la nature mais aussi de l’homme, qu’on ne sauvera pas l’un sans l’autre, qu’il faut aussi sauver la vie de l’homme et ne pas nous laisser aller à des pratiques qui ne manifestent pas un regard responsable sur la valeur de la vie humaine.

Un examen de conscience approfondi

«Si cette crise ne nous conduit pas à un examen de conscience approfondi sur le respect les uns des autres, sur la mise en œuvre de relations à tous niveaux, fondées non pas sur la force, mais sur le dialogue et la non-violence, elle ne nous poussera pas à quelque chose de nouveau.» poursuit Mgr Stenger. Le modèle de mondialisation libérale dans lequel nous vivons actuellement est «bénéfique aux puissants» et l'on mesure «son injustice pour les faibles» regrette encore le président du mouvement catholique international. 

Dans cette pandémie, il est temps selon lui de revisiter la place donné à la spiritualité, «face à la prétention de l’homme à l’« autoréférentialité », comme dit le pape François». L'encylique « Laudato Si » du Pape François, conclu l'évêque de Troyes pourrait à ce titre devenir de plus en plus notre Charte au temps de l’après-coronavirus.

25 mars 2020, 15:11