Recherche

Vatican News
2020 Oberammergau Passion Play at stake due to coronavirus pandemic (ANSA)

Méditation dominicale : « Quitter notre cécité spirituelle afin de nous ajuster au regard de Dieu »

Le Père jésuite Michel Ntangu nous introduit à la méditation avec les lectures du 4ème dimanche de Carême

Chers Frères et Sœurs,

Pour notre méditation de ce 4ème dimanche de Carême, je vous invite à quitter notre cécité spirituelle permanente pour recevoir le Christ, lumière qui illumine tout homme (EP 5,8-14) afin de nous ajuster au regard de Dieu sur les personnes, les choses et les événements de ce monde.
D’abord, dans la première lecture du livre de Samuel (1 S 16, 1b.6-7.10-13a), Dieu veut ouvrir nos yeux afin de bien apprécier les choses et les événements du monde comme Lui. Malheureusement, nous ne sommes que trop habitués à nous laisser impressionner par les apparences, au lieu de regarder le cœur. Au moment de choisir le successeur de Saül, roi d’Israël, Dieu apprend à Samuel à regarder les personnes avec un autre regard que celui des hommes. Le Seigneur dit à Samuel : « Ne considère pas son apparence ni sa haute taille, car je l’ai écarté ». Le prophète Samuel se voit corriger par Dieu au moment il croyait avoir trouvé selon ses critères de jugement le candidat idéal pour succéder à Saül. « Les hommes regardent les apparences, mais Dieu regarde le cœur ».
Dans l’évangile de Jean, (Jn 9, 1.6-9.13-17.34-38), Jésus dénonce une erreur souvent répandue dans le monde juif et parfois dans notre monde d’aujourd’hui, de croire que toute faute, toute infirmité physique, toute maladie infectieuse ou tout événement malheureux, devrait absolument avoir comme origine le péché. Les disciples du Christ ne feront pas exception à la règle et pensent de la même manière : « Rabbi, qui a péché, lui ou ses parents, pour qu’il soit né aveugle ? ». Cependant, le geste de Jésus va corriger cette fausse mentalité. En guérissant cet aveugle de naissance, Jésus inaugure sa mission de salut en redressant la vision erronée de l’homme sur Dieu, selon laquelle cet aveugle est puni pour ses péchés ou ceux de ses parents.
Chers frères et Sœurs, quelle est donc la leçon théologique de ces textes ?
1° Dieu n’a pas égard à l’apparence extérieure de l’homme (Gal 2:6-10). Il regarde le cœur. Cet aveugle-né illustre notre condition naturelle. Comme le prophète Samuel, les disciples et les pharisiens, nous sommes des véritables aveugles lorsque nous avons tendance à exclure les autres à cause d’une vision erronée de l’homme.
2° Le Christ, Lumière du monde, veut ouvrir grandement nos yeux afin que l’égoïsme aveugle de notre regard ne nous laisse pas dans l’obscurité du péché. Que nos gestes de charité unis à celui du Christ nous aident à reconnaître son passage en tout homme et à travers les événements du monde.
En ce moment d’épreuve, où les journaux du monde entier ainsi que les réseaux sociaux reviennent chaque jour sur cette pandémie qui secoue actuellement le monde, certaines personnes s’intéressent sur les mesures à prendre pour limiter le drame de contagion, et d’autres esprits aveuglés par leur jugement pensent que cette pandémie est une punition de la part de Dieu à cause de nos péchés. Cependant, comme chrétiens, nous sommes appelé à libérer notre regard et notre jugement, afin de nous ajuster au regard de Dieu sur les personnes, les choses et les événements.
Aujourd’hui, je remercierai le Seigneur pour la conversion de notre regard sur les événements du monde. En particulier, le miracle visible de solidarité avec les pauvres et les victimes de la pandémie en nous souvenant de personnes qui travaillent dans les services publics, particulièrement dans les hôpitaux, les pharmacies, et dans les cliniques et qui s’exposent ainsi au danger.

Demandons au Seigneur Jésus-Christ, la grâce de savoir reconnaître dans nos gestes son passage dans les personnes et les événements de ce monde.
Que la Sainte Vierge Marie, intercède pour nous et nous aide comme l’aveugle-né à ouvrir nos yeux devant la lumière de son Fils, Jésus-Christ. Amen !

Méditation dominicale avec le Père Michel Ntangu, SJ
23 mars 2020, 11:36