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Devant l'édicule abritant le tombeau du Christ dans l'église du Saint-Sépulcre, le 15 mars 2020 Devant l'édicule abritant le tombeau du Christ dans l'église du Saint-Sépulcre, le 15 mars 2020  (AFP or licensors)

Coronavirus: une Semaine Sainte pas comme les autres à Jérusalem

Le Patriarcat latin de Jérusalem a diffusé des indications pastorales pour la célébration de la Semaine Sainte qui approche, en conformité avec les mesures imposées en raison de la pandémie coronavirus. «Cette situation est totalement inédite et nous demande de trouver de nouvelles formes de célébration», a expliqué Mgr Pierbattista Pizzaballa, administrateur apostolique du Patriarcat.

Comme en tant d’autres villes du monde, les célébrations de la Semaine Sainte se dérouleront selon des modalités bien particulières cette année à Jérusalem, où se trouvent les lieux les plus significatifs de la chrétienté. «Le cœur de la Semaine Sainte, bien sûr, se trouve au Saint Sépulcre», rappelle Mgr Pizzaballa à propos de la basilique abritant le mont du Golgotha et le tombeau du Christ. «Bien sûr, nous ne renonçons en aucune façon à la célébration du Triduum dans notre Lieu le plus sacré, mais ils ne constitueront pas une référence pratique pour une grande partie du diocèse», précise-t-il dans ce message daté du 26 mars. «C'est pourquoi l'ensemble du Triduum sacré en arabe sera célébré dans la Co-Cathédrale du Patriarcat, animé par les séminaristes et diffusé en direct pour l'ensemble du diocèse par le Christian Media Center».

Maintenir l’unité

Pour le Dimanche des Rameaux, «la procession des palmiers est omise. J'invite cependant tous les curés à faire tout leur possible pour mettre à la disposition de leurs fidèles les rameaux d'olivier préalablement bénis ainsi que des bouteilles d'eau bénite, que les fidèles pourront emporter chez eux», demande Mgr Pizzaballa.

Concernant la retransmission des cérémonies du Triduum Pascal, «le seul critère général est la ferme volonté d'éviter la prolifération médiatique de célébrations individuelles ou personnalisées». «En cette période, les télévisions du monde entier diffusent déjà des centaines de programmes religieux dans toutes les langues. Je voudrais éviter qu'il y ait aussi dans le diocèse une Babel de différentes célébrations transmis par les médias, et je pense qu'il est vraiment préférable d'essayer de maintenir un minimum d'unité», estime l’administrateur apostolique du Patriarcat. Celui-ci demande donc «un minimum de coordination, d'organisation et d'unité au moins au sein de chaque vicariat et que l’on évite la dispersion. C'est la seule façon, en ce temps si particulier, de préserver une certaine unité entre nous», écrit Mgr Pizzaballa.

Les célébrations en streaming ne sont autorisées qu’en direct, et pas de manière enregistrée. Par ailleurs, «comme le suggère la Congrégation pour les Églises orientales, le Samedi Saint soir, dans toutes les églises, même en l'absence de célébration, on pourra sonner les cloches à l'heure prévue pour la célébration de la liturgie de la Vigile convenue par le Vicariat, afin d'inviter tout le monde à un moment de prière unifiée».

Redécouvrir la prière en famille

Des indications sont ensuite données pour chaque contexte en diocèse: paroisses arabophones avec le calendrier grégorien, paroisses arabophones avec le calendrier julien, paroisses et communautés non arabophones.

Mgr Pizzaballa exhorte également les familles à prier à la maison. «Beaucoup ne savent plus maintenant comment prier ensemble et je crois qu'il est important d'aider les familles à renouer avec cette belle tradition. Il est bon d'indiquer, par exemple, quels passages bibliques lire pendant les différents jours de la Semaine Sainte, quels signes accomplir, comment le père ou la mère peut bénir la famille, etc.», explique-t-il. «Je pense honnêtement que les diffusions en streaming du triduum sont certainement importantes et utiles, mais elles ne remplaceront certainement jamais la présence physique aux célébrations, qui pour nous est constitutive. Je pense qu'il est beaucoup plus utile et fructueux d'inviter nos communautés respectives à prier en famille», affirme par ailleurs le prélat.

Les prêtres sont quant à eux autorisés à «exceptionnellement célébrer le Jeudi Saint individuellement. Lorsqu'ils ne peuvent pas célébrer, ils prient avec la liturgie des heures et l'adoration du Saint Sacrement».

Les dispositions de la Pénitencerie apostolique concernant le sacrement de la Réconciliation en cette période particulière sont enfin rappelées.

«Dans toutes les prières et célébrations, n'oubliez pas de prier pour les victimes de ce virus, pour l'Église dans le monde et en particulier pour notre Église de Jérusalem», exhorte Mgr Pizzaballa à la fin de son message, avant de souhaiter à chacun «de vivre une Pâques aussi sereine que possible»

31 mars 2020, 11:24