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A Sidon au Liban, un volontaire nettoie l'église, le 14 mars 2020. A Sidon au Liban, un volontaire nettoie l'église, le 14 mars 2020. 

Face au coronavirus, les chrétiens invités à faire preuve de créativité

Les dispositions prises dans le cadre de la lutte contre le coronavirus déstabilisent les activités de l’Église, à l’image de toute la société, dans de nombreux pays. Mais elles ne doivent pas empêcher de vivre une foi active, selon les modalités qui restent possibles.

Cyprien Viet - Cité du Vatican 

L’un après l’autre, les épiscopats de plusieurs pays ont été contraints de prendre des décisions drastiques, parfois ajustées ou modifiées au fil des heures, tant l’arbitrage est délicat à effectuer entre le devoir d’état, l’obéissance à la loi civile, et le souci de continuité dans le soin pastoral des fidèles. Ainsi, la décision radicale de fermer toutes les églises de Rome, annoncée jeudi soir, a finalement été annulée dès le lendemain.

Dans toute l’Italie, les messes publiques sont interdites au moins jusqu’au vendredi 3 avril. Il en est de même en Belgique, avec une petite marge de manœuvre concernant les funérailles, les baptêmes et les mariages, qui peuvent encore se dérouler mais «avec la participation d’un cercle réduit de personnes». Les messes publiques sont désormais suspendues, pour une durée indéterminée, dans d’autres pays comme le Portugal, alors qu’à Manille, aux Philippines la décision de suspendre les messes ne porte pour le moment que sur une semaine.

Assurer la continuité du soin pastoral

En France, pour le moment, seuls les rassemblements de plus de 100 personnes sont interdits. Les paroisses rurales peuvent donc espérer poursuivre la célébration des messes, ce qui n’est pas le cas dans les grandes villes. Dans certains diocèses comme à Rouen et à Fréjus-Toulon, le choix a été fait d’organiser des messes plus nombreuses afin de mieux répartir la participation des  fidèles: là où une messe pouvait drainer 300 fidèles d’un coup, l’idée serait d’organiser trois messes sans dépasser la jauge de 100 fidèles. Ce choix courageux risque toutefois de poser des difficultés logistiques, surtout si d’autres décrets ultérieurs durcissent les mesures actuelles. La participation des personnes les plus âgées et fragiles demeurent par ailleurs déconseillées.

Les diocèses d’Ile-de-France ont pour leur part annoncé l’annulation de toutes les messes dominicales en public, mais les messes en semaine, à moindre affluence, restent possibles à condition de bien respecter cette jauge maximale de 100 personnes et de garantir une distance de sécurité entre chaque fidèle.

Trouver d’autres outils de communion 

L’enjeu essentiel est de trouver des alternatives à la messe et d’identifier d’autres moyens de communion spirituelle. Le recteur de la basilique d’Argenteuil précise ainsi que le Saint-Sacrement sera exposé sur l’autel principal dimanche de 9h à 20h et il sera possible de passer au cours de la journée pour prendre un temps de prière silencieuse «afin de manifester notre désir d’honorer l’eucharistie et de sanctifier le dimanche».

Outre les consignes pratiques pour éviter les contacts trop rapprochés, il donne aussi cette indication, qui est peut-être la plus universelle et la plus importante : «Il est demandé à tous les paroissiens de redoubler de charité et de prendre des nouvelles des personnes isolées, âgées ou malades.»

Certains font remarquer que ce temps de crise peut être l’occasion d’éduquer les générations les plus anciennes à l’usage des nouvelles technologies et de mieux les intégrer dans les conversations liées à ces outils. Ce qui est vrai dans le cadre familial l’est aussi dans le cadre ecclésial : les messes en vidéo, les prières en ligne constituent des outils de fraternité et de communion dont la crise actuelle rend la mise en œuvre encore plus nécessaire qu’auparavant.

Lourdes, le «cœur vivant» du monde

Pour sa part, le sanctuaire marial de Lourdes, affecté par l’annulation des premiers pèlerinages de la saison, s’adapte et se mobilise pour assumer sa mission de «cœur vibrant du monde», selon les mots du recteur des Sanctuaires de Lourdes, Mgr Olivier Ribadeau-Dumas, interrogé par La Vie. Une neuvaine de prière pour le monde sera organisée du 17 au 25 mars, avec une prière perpétuelle aux pieds de la grotte, et le chapelet qui sera dit en quatre langues : français, anglais, italien et espagnol.

Les visiteurs, les chapelains, les religieux, les hospitaliers présents à Lourdes participeront à cette neuvaine. «Le sanctuaire de Lourdes est un lieu de prière et il le reste tout autant face à cette pandémie», insiste Mgr Ribadeau-Dumas, qui précise que l’accès reste ouvert aux visiteurs.

14 mars 2020, 18:12