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Vatican News
2019.03.08 SAN GIOVANNI DI DIO Gesù Cristo nel deserto tentato dal diavolo domenica di quaresiam

Méditation du 1er Dimanche de Carême: Jésus dans l’austérité d’un désert

Le Père jésuite Adrien Lentiampa nous introduit à la méditation avec les textes liturgiques du 1er Dimanche de Carême

Frères et Sœurs,

En ce premier dimanche du temps de Carême, l’Evangile proposé à notre méditation fait écho à la première lecture du jour. D’un côté, la tentation de Jésus au désert ; de l’autre, la tentation de nos premiers parents, dans le jardin d’Eden. Il est donc bon de méditer ces deux textes en parallèle.

Dans la première lecture, tirée du livre de la Genèse, nous voyons comment l’homme et la femme tombent dans le piège de la séduction de Satan : alors que, tirés de la poussière, ils ont reçu le souffle de vie des narines même de Dieu (symbole de l’amour qui nous lie à lui), alors qu’il leur a été donné toutes choses, y compris l’arbre de vie, ils ont choisi de devenir leur propre dieu, indépendamment du Créateur, en faisant de l’objet de leur convoitise le centre de leur vie. Ils ont choisi d’être comme des dieux, oubliant qu’ils ont été créés pour être l’image de Dieu. Ils ont donc refusé de refléter, par leur vie, la bonté et la beauté du Créateur, pour faire de leurs ventres le centre de leur vie.

Dans l’Evangile, par contre, nous voyons Jésus, dans l’austérité d’un désert, choisir de recevoir sa filiation divine et sa seigneurie de son Père, non pas comme une conquête mondaine. En effet, les trois tentations que Satan adresse à Jésus concernent justement sa filiation : « si tu es le Fils de Dieu ! ». Par ses réponses et sa posture face au diable, Jésus refuse de succomber dans l’illusion de l’avoir, de l’honneur et du pouvoir ; il refuse de se mettre à genoux devant la séduction du monde.

Il est beau de noter que, dans l’un et l’autre cas, Satan, le Diable, utilise, en la dévoyant, la parole de Dieu. Face à cela, les réponses de Jésus signifient la fidélité aux Ecritures, à la Parole de Dieu, sans la dévoyer et la tirer vers ses propres intérêts. A l’opposé, dans la première lecture, Adam et Eve font montre d’une édulcoration de la volonté du Créateur : là où le Créateur a été tout positif, en leur donnant toute chose bonne et en mettant au centre de leur monde l’arbre de vie (pour qu’il porte plus de vie), sans aucune parole d’interdiction, la convoitise du mal leur fait placer son arbre au centre du jardin, au centre du monde. Cet arbre du bien et du mal ne fera que multiplier le péché.

Ainsi, alors que, dans la première lecture, la convoitise du monde, éloignant l’homme et la femme de leur source créatrice, a comme conséquence la découverte de leur nudité, signe de leur pauvreté et de leur inconsistance, dans l’évangile, l’obéissance du Fils de Dieu à la volonté du Père aboutit à sa seigneurie, puisqu’il est servi par les anges.

Que ce temps de Carême, avec les efforts et les privations à accomplir, nous aide à ne pas céder devant la convoitise du monde, mais à emboiter le pas à l’obéissance et à la fidélité de Jésus en la parole du Père. Que nous apprenions à nous recevoir de Dieu, sans jamais laisser, ni l’avoir, ni la gloire, ni le pouvoir édulcorer l’appel à être, pour notre monde, l’image même de Dieu notre Créateur. Et, puisque le Christ a vaincu ces tentations, nous sommes, nous aussi, par sa grâce, capables d’y résister. Nous pouvons donc nous engager dans cette voie, forts de l’assurance que nous donne Saint Paul dans la deuxième lecture de ce dimanche : à cause de Jésus-Christ et de lui seul, nous régnerons dans la vie, puisque sa Passion et sa Résurrection nous donnent en abondance le don de la grâce qui nous rend justes.

A M E N

26 février 2020, 18:53