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Les évêques indiens fustigent le "pseudo-nationalisme" qui divise

L’assemblée plénière des évêques indiens a clos ses travaux mercredi 19 février 2020, avec un appel « fervent » contre le «pseudo-nationalisme» qui divise, contre les «nouvelles formes de totalitarisme» et pour le dialogue «qui constitue l’essence même du christianisme».

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Le dialogue comme «chemin de vérité et de charité» a été au coeur des travaux qui ont réuni pendant une semaine les évêques des trois rites -latin, syro-malabar et syro-malankar- qui composent l’Église catholique en Inde. Ce thème reflète les préoccupations de l'épiscopat face aux tensions croissantes qui traversent la société et la vie politique du pays, et qui ont été avivées par l'approbation récente de la loi d'amendement de la citoyenneté (CAA) laquelle dénie aux immigrants musulmans l’accession à la citoyenneté indienne.

Le respect de chaque culture doit être garanti et promu

À cet égard, le document final réaffirme que la religion ne saurait être un facteur discriminant, a fortiori dans la société indienne, caractérisée depuis toujours par un pluralisme certain. «Depuis les temps anciens, l'Inde est une mosaïque de religions, de cultures et de langues. Ce qui nous unit est plus fort et plus profond que ce qui nous divise», assurent les évêques dans ce texte, se déclarant «fiers de la Constitution indienne» qui consacre la laïcité de l'État et garantit à tous les citoyens «la justice, la liberté, l'égalité et la fraternité».

 

Le message rappelle que l'Église, fondée sur la Révélation biblique, a le dialogue pour vocation. C'est pourquoi elle «encourage les croyants à se respecter mutuellement ainsi que leurs traditions respectives, pour travailler ensemble à promouvoir la paix et l'harmonie et à œuvrer pour le bien commun de tous».

L’identité culturelle de chaque communauté vivant en Inde doit être respectée à tout prix, soulignent les évêques. Il s'ensuit donc qu'aucune culture ou religion ne peut prévaloir sur les autres car «la soumission de certaines cultures à une culture dominante détruira la fraternité et l'harmonie existant dans le pays».

Dialogue avec les minorités, la création et les enfants à naître

L'ennemi de cette fraternité, affirment encore les évêques, en citant le document d'Abou Dhabi signé il y a un an par le Pape François et le grand imam d'Al Azhar, «est un individualisme qui se traduit par le désir de s'affirmer et d'affirmer son groupe par rapport aux autres». À ce modèle individualiste, le message oppose le dialogue avec les pauvres, les Dalits notamment dont les droits sont continuellement niés ; le dialogue avec la Création que les activités humaines détruisent, mais aussi le dialogue avec les enfants à naître, dont la vie en Inde est aujourd'hui encore plus menacée par la nouvelle loi sur l'avortement qui a porté à 24 semaines le délai d'interruption volontaire de grossesse et dont l'Église indienne demande «l'annulation immédiate».

 

En conclusion, l’épiscopat lance un appel aux autorités indiennes afin qu'elles s'engagent contre les «tentatives de créer un isolement culturel» dans le pays et qu'elles favorisent au contraire le dialogue qui, comme l'a souligné le Pape François dans son exhortation apostolique «Querida Amazonia», n'est pas un ennemi de l'identité. Pour leur part, les évêques réaffirment leur ferme volonté de continuer à collaborer à la construction de la nation.

20 février 2020, 17:58