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Le cardinal Philippe Barbarin, archevêque de Lyon, ici lors d'une visite paroissiale en septembre 2018. Le cardinal Philippe Barbarin, archevêque de Lyon, ici lors d'une visite paroissiale en septembre 2018. 

Relaxe du cardinal Barbarin. Le Saint-Siège proche des victimes

L’archevêque de Lyon était jugé en appel pour non-dénonciation d’abus sexuels sur mineurs, dans le cadre des accusations visant l’ancien prêtre Bernard Preynat. Dans un communiqué, le Saint-Siège réaffirme sa proximité à toutes les victimes d’abus dont il mesure la souffrance.

La Cour d’appel du Tribunal correctionnel de Lyon a rendu sa décision ce jeudi 30 janvier 2020. Le cardinal Philippe Barbarin, condamné en première instance à six mois de prison avec sursis, est finalement relaxé à l’issue de son procès en appel, conformément aux réquisitions de l’avocat général formulées au terme des audiences tenues en novembre dernier.

Cependant, la procédure judiciaire pourrait se poursuivre. En effet, François Devaux, président de l’association La Parole Libérée, s’était dit prêt à se pourvoir en cassation si la cour suivait les réquisitions de l’avocat général. Ce pourvoi en cassation a été confirmé ce jeudi par l'avocat des victimes, Me Yves Sauvayre, après l'annonce de la relaxe du cardinal Barbarin. «Ça sera à la Cour de nous dire clairement ce que dit la loi française en matière de non dénonciation d’agressions sexuelles sur mineurs», a-t-il expliqué. 

Concernant la gouvernance du diocèse, l’un des avocats du cardinal Barbarin avait annoncé fin novembre que son client allait «quitter Lyon». Pour le moment, bien que le diocèse de Lyon soit sous la conduite de Mgr Michel Dubost en tant qu’administrateur apostolique, le cardinal Barbarin demeure, en titre, archevêque de Lyon et primat des Gaules.

Bernard Preynat, pour sa part, a fait l’objet d’un procès ecclésiastique et a été démis de l’état clérical au cours de l’été dernier. Son procès pénal s’est tenu du 14 au 17 janvier dernier, dans le cadre d’une procédure totalement distincte de celle concernant le cardinal Barbarin. Le procureur de la République a requis à l’encontre de l’ancien prêtre une peine d’au moins huit ans de prison ferme pour de multiples agressions sexuelles commises sur des jeunes garçons âgés de 7 à 15 ans. Le verdict sera rendu le 16 mars.

La réaction du Saint-Siège

Un communiqué publié en fin de journée ce jeudi par le directeur de la Salle de Presse fait savoir que «le Saint-Siège a pris connaissance du jugement rendu par la Cour d’Appel de Lyon à l’encontre du Cardinal Philippe Barbarin ainsi que de sa décision de remettre une nouvelle fois sa charge entre les mains du Pape François. Avec la Conférence des Évêques de France, le Saint-Siège redit sa proximité à toutes les victimes d’abus dont il mesure la souffrance, à leurs familles et à la communauté tout entière. Il est aux côtés de l’Église de Lyon durement éprouvée.»

«Le Saint-Père, qui continue à suivre de près le déroulement de ces évènements douloureux, fera connaître sa décision en temps voulu», précise Matteo Bruni dans ce communiqué.

La réaction de la conférence épiscopale

Dans un communiqué signé par Mgr Éric de Moulins-Beaufort, archevêque de Reims et président de la Conférence des évêques de France,  la CEF «prend acte de la décision de justice de ce jour concernant le cardinal Philippe Barbarin et l’assure de sa communion fraternelle dans cette phase nouvelle de sa vie qui s’ouvre au service du Christ et de l’Église. Elle assure de sa gratitude les personnes victimes qui ont parlé et qui parlent pour l’œuvre de vérité qu’elles rendent possible. Elle redit sa détermination à poursuivre le travail nécessaire face aux abus sexuels ou de pouvoir afin qu’ils ne se reproduisent plus dans l’Église.»

La déclaration du cardinal Barbarin

Pour sa part, le cardinal Barbarin a effectué une déclaration devant la presse ce jeudi vers 17h.

Voici le texte complet de sa déclaration:

«Avec sérénité, je prends acte de l’arrêt de la Cour d’appel de Lyon qui a déclaré que je ne suis pas coupable de ce dont on m’accusait. Cette décision permet de tourner une page, et pour l’Église de Lyon c’est l’occasion d’ouvrir un nouveau chapitre. C’est pourquoi, de nouveau, je vais remettre ma charge d’archevêque entre les mains du Pape François. Naturellement, si le Saint-Père souhaite me voir, je me rendrai à Rome. En mars dernier, il avait refusé ma démission, en acceptant que je me mette en retrait pendant la durée de la procédure judiciaire. Maintenant, je peux paisiblement lui renouveler ma demande. Mes pensées vont aujourd’hui, toujours, vers les victimes. Avec bien d’autres frères et sœurs je continue et continuerai de prier pour elles et pour leurs familles, quotidiennement. Priez pour moi, pour le diocèse de Lyon, que j’aime tant, pour chacun des habitants de cette région, pour, que, comme le demande le Seigneur, “tous soient un” (Jn 17, 21).»

Il a également enregistré une vidéo destinée aux agents pastoraux du diocèse de Lyon:

Message du cardinal Barbarin au diocèse de Lyon

(article mis à jour à 19h20)

30 janvier 2020, 13:43