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En treize ans, la Suisse a connu une augmentation de 445% du suicide assisté. En treize ans, la Suisse a connu une augmentation de 445% du suicide assisté.  

Suicide assisté: les évêques suisses définissent des orientations pastorales

Au terme de leur assemblée plénière qui s’est achevée ce mercredi à Lugano, les évêques suisses ont adopté un document d’une trentaine de pages présentant des orientations pastorales pour accompagner les personnes qui envisagent le suicide assisté et se tournent vers la communauté ecclésiale ; le fruit de plus de trois ans de travail.

Entretien réalisé par Marie Duhamel – Cité du Vatican

En treize ans, la Suisse a connu une augmentation de 445 % du suicide assisté. Par peur de la mort, de la souffrance ou de celle de ses proches, mais aussi de la solitude, trois personnes par jour choisiraient actuellement de mettre fin à leur jour en prenant, par voie buccale ou en intraveineuse, du Natrium Pentobarbital. C’est trois fois plus que le nombre de morts par accident de la route. L’Église constate également une adhésion importante aux associations d’aide aux suicides assistés, et déplore une banalisation.

Parce que le recours au suicide assisté est de plus en plus fréquent, des orientations pastorales ont été élaborées et adoptées par la conférence des évêques suisse pour accompagner les personnes qui le souhaiteraient, alors qu’elles envisagent de mettre fin à leur vie. Un document a été présenté ce jeudi, au terme de l’assemblée plénière de la CES à Lugano.

Il est d’abord rappelé que l’accompagnement des personnes, et en particulier vulnérables, n’est «pas optionnelle pour l’Église», affirme François-Xavier Putallaz. Et «par amour pour ces personnes» poursuit le professeur de philosophie à l’Université de théologie de Fribourg et membre depuis seize ans de la commission bioéthique mise en place par la Conférence des évêques suisses, l’Église rappelle qu’un tel «acte porte atteinte aux devoirs que l’on a envers soi-même, envers les autres -car un suicide est d’une violence incroyable tant pour ses proches que pour le personnels soignants, mais également envers l’amour et le projet de Dieu.»

Ce document a pour objectif de rappeler que le suicide est incompatible avec l’Évangile de la vie, tout en se faisant proches des malades, synthétise le philosophe.

Mais comment un prêtre ou un aumônier sollicité peut-il se faire proche? Tout est une question de temporalité.

Évidemment, l’agent pastoral ne sera pas présent de la même manière auprès d’une personne qui vient d’adhérer à une association d’aide au suicide assisté et auprès d’une personne gravement malade. Plus le «moment fatidique» se rapprochera, plus l’accompagnement sera intense et la proximité sera intense, explique François-Xavier Putallaz. Il souligne toutefois qu’au moment où le malade prendra le produit, s’il n’a pas changé d’avis, l’agent pastoral est invité à quitter la pièce. Ce n’est pas un acte d’abandon, assure le philosophe, mais il signifie l’incompatibilité du geste posé avec l’Évangile. Il s’agit également d’accompagner les familles fragilisées. Enfin, il est également arrivé par le passé que des agents pastoraux aient été traumatisés par ce geste, poursuit-il.

Enfin, si l’attention humaine peut beaucoup, les évêques  réaffirment dans ce document, leur soutien aux soins palliatifs, «aptes à atténuer le désir de suicide», peut-on lire

François-Xavier Putallaz, professeur de philosophie à l’Université de théologie de Fribourg
05 décembre 2019, 16:25