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Mgr Giovanni Innocenzo Martinelli (1942-2019). Mgr Giovanni Innocenzo Martinelli (1942-2019). 

Décès de Mgr Martinelli, vicaire apostolique émérite de Tripoli

Le franciscain italien, qui avait 77 ans, avait exercé un ministère difficile, dans le contexte du régime de Kadhafi puis de la guerre civile libyenne.

Ce lundi 30 décembre 2019 s’est éteint Mgr Giovanni Innocenzo Martinelli, vicaire apostolique émérite de Tripoli, en Libye. Il était hospitalisé depuis plusieurs années au Centre de soin pour personnes âgées tenu par les franciscains à Saccolongo, près de Padoue, au nord-est de l’Italie.

Né en Libye le 5 février 1942 et ordonné prêtre en 1967 en Italie, il était retourné dans sa terre natale en 1971, dans un contexte pourtant hostile pour les ressortissants italiens, qui symbolisaient l’ancienne tutelle coloniale aux yeux du régime. Beaucoup d'Italiens, qui travaillaient notamment dans le secteur du pétrole, avaient alors été expulsés à la suite des nationalisations ordonnées par le régime.

Mgr Martinelli avait reçu l’ordination épiscopale le 4 octobre 1985, exerçant durant 22 ans un ministère extrêmement spécifique auprès des chrétiens de Libye, essentiellement des expatriés dont la présence était tolérée par le régime de Kadhafi afin de répondre aux besoins de la population de cet État désertique. Parmi eux figuraient notamment des Philippines employées dans les hôpitaux, ainsi que des Polonais arrivés au temps où la Libye était de facto assimilée au bloc socialiste, tout en se revendiquant non-alignée.

Un épiscopat atypique sous le régime de Kadhafi

Mgr Martinelli avait témoigné de cette expérience étonnante dans Évêque chez Kadhafi, un livre d’entretien avec le journaliste Samuel Lieven, publié aux éditions Bayard en 2011, peu après le renversement et la mort du dirigeant libyen. Il était probablement le seul évêque du monde à avoir connu personnellement le colonel Kadhafi et il avait bien compris sa psychologie de bédouin, en devinant qu’il rechercherait la mort au combat plutôt que de subir l’humiliation d’une arrestation et d’un procès.

Il était resté en poste après le changement de régime, assurant une présence auprès d’une communauté chrétienne de plus en plus réduite durant les épisodes éprouvants de la guerre civile, mais il avait finalement renoncé à sa charge en février 2017, le jour de son 75e anniversaire, car les soins liés à son état de santé fragile nécessitaient qu'il demeure en Italie.

Ses obsèques auront lieu ce jeudi 2 janvier 2020 dans la région de Vérone.

31 décembre 2019, 16:16