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L'incendie spectaculaire de Notre-Dame de Paris restera l'un des événements marquants de l'année 2019 L'incendie spectaculaire de Notre-Dame de Paris restera l'un des événements marquants de l'année 2019  (ANSA)

2019 pour l’Église de France: abus, bioéthique et Notre-Dame

L’année qui vient de s’écouler a été pour l’Église de France, dominée par trois grands thèmes : la lutte contre les abus sexuels sur mineurs avec l’écoute de victimes lors de l’assemblée d’automne de la CEF, la révision de la loi de bioéthique et l’incendie qui a ravagé les toits de Notre-Dame de Paris. Mgr Éric de Moulins-Beaufort, président de la CEF, revient sur 2019.

Entretien réalisé par Xavier Sartre – Cité du Vatican

L’année 2019 a été marquée pour l’Église en France par un événement qui a touché l’ensemble de la population française : l’incendie de la cathédrale Notre-Dame de Paris en avril. 2019 a vu aussi un changement à la tête de la Conférence des évêques de France. Mgr Éric de Moulins-Beaufort, archevêque de Reims, en est devenu le président, succédant à Mgr Georges Pontier en juillet.

Parmi les grands dossiers que les évêques ont eu à traiter tout au long de ces derniers mois, figure celui des abus sexuels sur mineurs commis par des membres du clergé. L’Église de France s’est engagé dans ce combat depuis de nombreuses années mais un seuil a été franchi avec l’écoute de victimes lors de la dernière assemblée plénière d’automne à Lourdes.

Comme lors du sommet sur les abus qui s’est tenu en février au Vatican en présence de tous les présidents des conférences épiscopales du monde, les évêques français ont écouté des victimes raconter ce qu’elles ont vécu. «Celles et ceux qui parlent pour dire ce qu’ils ont subi, font preuve de beaucoup de courage et nous aident», explique Mgr Éric de Moulins-Beaufort. Lors de cette réunion, la CEF a acté le principe d’accorder une somme forfaitaire aux victimes qui se sont manifestées afin de démontrer son «sérieux».

Mais la lutte contre les abus est loin d’être achevée et beaucoup reste à faire, reconnait le président de la CEF. Il faut notamment savoir comment accompagner les prêtres coupables et voir aussi comment accompagner ceux qui ont été accusés faussement ou qui n’ont pas été jugés par la justice séculière pour différentes raisons, comme la prescription des faits.

Loi de bioéthique

Autre grand dossier qui intéresse l’ensemble de l’épiscopat français, la révision de la loi de bioéthique. Une large consultation nationale a été menée par les autorités politiques et les représentants des différentes religions ont participé aux débats et donner leurs points de vue. Le projet de loi du gouvernement d’Edouard Philippe prévoit la possibilité d’étendre la PMA (procréation médicalement assistée) à toutes les femmes.

Si les évêques ont déjà pris la parole, «nous comptons nous exprimer nous évêques en janvier», lors du passage du texte de loi devant le Sénat. «Mais on sent bien qu’il y a une sorte de détermination» déplore Mgr Éric de Moulins-Beaufort. «Tout ceci est inquiétant», surtout «cette idée qui s’installe que l’on a une solution technique à la souffrance». «Ce qui nous inquiète, poursuit-il, c’est la déconnexion par rapport au corps».

«Le désir des enfants comme tous les désirs est très louable, très honorable, très respectable, mais il doit être interrogé et examiné» considère le président de la CEF qui entend bien faire entendre la voix de l’Église sur ce débat de société qui engage tout le pays. 

Entretien avec Mgr Éric de Moulins-Beaufort, président de la CEF
27 décembre 2019, 09:03