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La Roumanie accueille le Pape François du 31 mai au 2 juin 2019 pour son 30ème voyage apostolique. La Roumanie accueille le Pape François du 31 mai au 2 juin 2019 pour son 30ème voyage apostolique.  (ANSA)

Les catholiques de Bucarest attendent le Pape François

La première étape du voyage du Pape François en Roumanie, vendredi 31 mai, se déroulera à Bucarest, la capitale de pays d'Europe centrale. En fin de journée, le Pape célébrera une messe en la cathédrale Saint-Joseph, avec la communauté catholique locale. L'archevêque latin de Bucarest, Mgr Ioan Robu, également président de la conférence des évêques de Roumanie, nous présente la situation de son diocèse.

Cyprien Viet - Envoyé spécial à Bucarest, Roumanie 

En ce jour de l’Ascension, les fidèles catholiques de Bucarest se sont rassemblés à la cathédrale Saint-Joseph, qui accueillera vendredi soir à 18h00 une messe présidée par le Pape François. Bien qu’il recouvre le territoire de la capitale et d’une grande partie de la Roumanie, l’archidiocèse de Bucarest reste un «petit» diocèse par rapport à celui de Iasi, d’où proviennent une bonne partie des cadres de l’Église catholique latine en Roumanie. L’archevêque de la capitale roumaine, Mgr Ioan Robu, nous explique la situation particulière de son diocèse :

«Avec 91 000 km2, le territoire de mon diocèse est plus grand que l'Autriche, pour avoir une idée. Mon diocèse couvre presque tout le sud du pays. Dans tout ce territoire, il y a 67 paroisses. A l'exception de deux paroisses, qui se trouvent dans des villages, toutes les autres se trouvent dans des grandes et des petites villes. C'est une caractéristique spécifique du diocèse de Bucarest. Dans les grandes villes, comme Bucarest, Ploiesti, Constanta, Craiova, et d'autres encore, nous sommes très heureux d'avoir la présence de différentes congrégations, qui travaillent surtout dans le domaine social. A Bucarest, la messe est célébrée en 11 langues différentes. 

 

Après avoir été longtemps enclavée, la Roumanie s’est mieux intégrée dans la vie internationale depuis quelques années, notamment avec l’entrée dans l’Union européenne. Comment l’Église s’est-elle adaptée à ce mouvement d’ouverture du pays? Est-ce que la logique d’évangélisation et de mission a pu compenser le déclin du cadre traditionnel de transmission de la religion, rendu plus difficile par l’éclatement des familles?

Dans cette vingtaine d’années, l’Église catholique a mis en pratique avec plus de détermination les enseignements du Concil Vatican II. On a pu traduire, publier et approfondir les documents du Concile concernant l’identité de l’Église et le dialogue avec les autres communautés chrétiennes, la formation des prêtres, la vie consacrée, la formation des laïcs et leur implication dans la vie de l’Église, etc. Notre diocèse peut se vanter d’avoir ouvert une Mission au Kenya, mission assistée par des prêtres et des laïcs roumains, et aussi d’avoir plus de 40 prêtres comme “fidei donum” dans beaucoup de pays. De même, on a réussi à intégrer l’enseignement théologique pré-universitaire et universitaire dans le réseau des écoles publiques de l’État.                                       

Après la période communiste, durant laquelle il était difficile d'accéder à la vie de l'Église, il semble que la Roumanie est touchée par d'autres phénomènes comme l'indifférence religieuse pour les jeunes. Comment, dans ce contexte, transmettre la foi aux jeunes générations? 

Il faut reconnaitre que la génération éduquée durant la période communiste, avec les exceptions de rigueur, était plus attachée à la foi, à l’Église, que celle d’après 1989. Les changements étaient si rapides que nous n’avons pas réussi a éduquer nos communautés à vivre la liberté come une option pour choisir les valeurs. Beaucoup de Roumains ont été victimes de l’onde destructrice du matérialisme. Mais sans doute, il y a d’autres personnes qui ont retrouvé après 1989 le sens et la pratique de la foi.

Le milieu familial est déterminant et décisif en ce qui concerne la participation des jeunes à la vie de l'Église. Nous avons des prêtres qui s'occupent de leur formation, mais il est difficile d'avoir des contacts avec tous les jeunes du diocèse. Quelque fois, l'atmosphère est moins favorable à l'Église catholique, les tentations d'Internet et de la vie virtuelle, la qualité de l'enseignement public qui n'est pas toujours à un bon niveau, tout cela empêche leur formation religieuse. On essaie de faire face à cela avec les familles, mais c'est très difficile. Mais nous soutenons et encourageons les rencontres des jeunes au niveau diocésain, comme au niveau international. Et les jeunes de notre diocèse participent avec beaucoup d'enthousiasme aux JMJ, même si les chiffres ne sont pas élevés. Quant au phénomène d'indifférence religieuse qui touche l'Occident, parmi les jeunes générations, oui, on peut dire que c'est palpable en Roumanie aussi, notamment quand les familles sont divisées par l'émigration, avec une moitié à l'étranger et une moitié à la maison... Mais Dieu est grand! Et sa grâce peut faire des miracles, dans nos cœurs et dans notre vie. Avec une très grande joie, nous attendons le Saint-Père François, et avec lui, la visite de la grâce de Dieu.

Est-ce que la population roumaine dans son ensemble se prépare avec enthousiasme à cette visite, et par exemple, est-ce que les médias s'y intéressent?

D'après un sondage récent de l'Académie de Roumanie, 60% des Roumains ont affirmé que la visite du Pape François est très importante. On a pu observer que les médias publics comme privés manifestent un grand intérêt pour ce que dit et ce que fait le Saint-Père. La télévision nationale roumaine est le partenaire officiel de l'évènement et va couvrir en totalité les trois jours de la visite du Pape François en Roumanie. C'est une visite importante pour les catholiques et pour tous les hommes de bonne volonté».

30 mai 2019, 18:19