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Mgr Laurent Ulrich, archevêque de Lille, dans le nord de la France Mgr Laurent Ulrich, archevêque de Lille, dans le nord de la France 

Le séminaire de Lille ferme provisoirement par manque de vocation

Malgré les efforts exceptionnels de son supérieur, le père Jean-Luc Garin, le séminaire de Lille ne rouvrira pas ses portes en septembre 2019. Une nouvelle qui «soulève évidemment l’inquiétude» explique Mgr Laurent Ulrich, archevêque de Lille.

Colombe de Barmon – Cité du Vatican

Dans un communiqué, l’archevêque de Lille a annoncé la décision de fermer le séminaire: «Aujourd’hui, il n’est pas possible de prévoir un nombre suffisant de nouveaux candidats : il est donc sage de faire connaître que notre séminaire ne recevra pas de nouvelles entrées à la rentrée 2019», écrit Mgr Ulrich.

 «C’est douloureux mais j’espère pas irréversible», a confié à LilleActu le père Jean-Luc Garin, supérieur du séminaire de Lille depuis neuf ans.

Regroupant neuf diocèses du Nord-Pas-de-Calais, de la Picardie et de la Champagne, le séminaire accueille actuellement neuf séminaristes. D’ici la fin de l’année, trois seront ordonnés prêtres et partiront en paroisse. Les six autres, dont aucun n’est en première et deuxième année, devraient poursuivre leurs études à Metz pour ceux en dernière année, ou à Issy-les-Moulineaux pour les 4ème ou 5ème années.

L’an dernier, en février 2018, le séminaire avait choisi de quitter l’ancien bâtiment du quartier de Saint-Maurice pour emménager dans une maison plus petite située rue Princesse, dans le Vieux-Lille. «Quand les évêques des neuf diocèses ont pris la décision de ce déménagement, ils ne pouvaient savoir combien de jeunes hommes entreraient en propédeutique ; ils ont posé un acte de foi», explique le père Garin à La Croix.

Le diocèse espère une réouverture prochaine et précise qu’il ne s’agit que d’une fermeture provisoire, «une année de réflexion» comme le rapporte le journal La Croix.

Le diocèse continue de regarder vers l’avenir

Dans son communiqué, Mgr Ulrich ainsi que tous les évêques concernés saluent, «unanimes», «la qualité exceptionnelle de l’effort» du père Garin. L’équipe du séminaire a proposé une formation axée sur le projet missionnaire d’annoncer l’Évangile dans le contexte d’une société de plus en plus sécularité. Mgr Ulrich souhaite que ce projet puisse encore se réaliser, dans d’autres conditions.

Mgr Ulrich a également tenu à remercier «très chaleureusement» les chrétiens ayant participé financièrement à la formation des séminaristes, ajoutant : «Ce soutien ne s’arrête évidemment pas maintenant : merci à tous ceux qui voudront bien continuer de préparer l’avenir avec nous », tout en soulignant la nécessité de mettre en place «des moyens nouveaux» pour la pastorale des vocations sacerdotales.

«Il faut pouvoir proposer une vision renouvelée du ministère du prêtre, avec sa dimension missionnaire essentielle. Sinon comment un jeune prêtre peut-il se projeter dans un diocèse où, d’ici dix ans, il ne restera qu’une douzaine de prêtres en activité ?» s’interroge le Père Garin dans La Croix.

Quant à la maison de la rue Princesse, elle pourrait être utilisée pour une colocation chrétienne ou comme maison vocationnelle pour jeunes professionnels et étudiants. Le supérieur du séminaire de Lille insiste: «C’est important de montrer qu’il y a toujours un lieu qui porte l’accompagnement des vocations» poursuivant : «dans le contexte ambiant très pesant, c’est vraiment difficile pour des jeunes hommes» d’envisager de devenir prêtre.

06 mars 2019, 18:02