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La messe présidée par le Pape François à Genève, le 21 juin 2018. La messe présidée par le Pape François à Genève, le 21 juin 2018.  (ANSA)

Suisse. l'Église catholique renforce son arsenal de lutte contre les abus

L’assemblée ordinaire de la Conférence des évêques suisses s’est rassemblée ces 25, 26 et 27 février. L’occasion pour son président Mgr Félix Gmür de faire un compte rendu du sommet sur la protection des mineurs qui avait lieu du 21 au 24 février, et de prendre de nouvelles directives dans ce domaine.

Colombe de Barmon – Cité du Vatican

Lors de la 323ème assemblée ordinaire de la Conférence des évêques suisses (CES), des mesures concrètes ont été prises pour lutter contre les abus. Son président Mgr Félix Gmür a participé à la rencontre sur la protection des mineurs qui avait lieu au Vatican du 21 au 24 février. Il a fait un compte rendu de la rencontre. Lors de cette assemblée qui avait lieu au monastère de Mariastein non loin de Bâle, Mgr Félix Gmür  a souligné la volonté du Pape de faire comprendre la gravité des conséquences d’un abus sur la vie des victimes et de tout mettre en œuvre pour les aider, pour rendre justice, dénoncer les auteurs, agir en transparence et établir des mesures de prévention.

Les membres de la CES poursuivront le travail entrepris en contexte ecclésial mais voient aussi d’autres moyens de lutter contre les abus notamment en accélérant la procédure canonique, en informant les victimes et en standardisant la prévention.

La CES comprend la «la déception des organisations de victimes qui avaient espéré des mesures claires dès l’issue de la rencontre». Mgr Gmür a toutefois souligné l’importance des thèmes abordés et le fait que le Pape recherchait avant tout à écouter les victimes pour sensibiliser les évêques plus qu’à produire des solutions toutes faites, préconçues. Les membres de la CES espèrent que des mesures concrètes de Rome suivront.

L’entrée en vigueur de nouvelles directives dès le 1er mars 2019 a été décidé. Elles concernent des compléments en matière de prévention et le renforcement de l’obligation de dénoncer.

Renforcement de l’obligation de dénoncer

Le droit de veto dont la victime disposait jusqu’alors, lui permettant de s’opposer à ce que son bourreau ne soit dénoncé aux autorités publiques compétentes, est annulé. Désormais, les Ordinaires, c’est-à-dire les évêques diocésains, les vicaires généraux ou épiscopaux ainsi que les supérieurs majeurs des ordres religieux, ont l’obligation d’annoncer aux organes publics compétents en matière de poursuite tous les délits poursuivis d’office dont ils ont connaissance quel que soit l’avis de la victime. Jusqu’à présent, ils avaient seulement le devoir d’informer la victime qu’elle pouvait porter plainte.

Une personne chargée de la prévention dans chaque communauté

Dans chaque diocèse, dans chaque communauté monastique où ecclésiale, sera nommée une personne en charge de la prévention chargé de mettre en place la conception de prévention  propre à la communauté et de fixer des critères pour une perception adéquate de la distance et de la proximité. À terme, des codes et des standards de conduites seront déterminés.

Prévention dès la formation

De nouvelles mesures sont prévues dans le domaine de la formation, ou pour la pastorale multiculturelle.

Les directions diocésaines s’engagent en tant qu’employeur à respecter des mesures de prévention dans l’établissement des contrats. Un extrait du casier judiciaire sera demandé à toutes personnes s’engageant dans le contexte ecclésial. Elle devra, par ailleurs, se déclarer prête à suivre les directives dans ce domaine. Si ce n’est pas encore fait, toute personne déjà engagée dans une mission devra aussi remettre ses extraits de casier judiciaire. Chaque membre d’une équipe diocésaine sera prié de signer une convention l’engageant au respect de la distance et de la proximité.

01 mars 2019, 15:01