Cerca

Vatican News
L'opposition manifestait à Dakar le 28 décembre dernier réclamant des élections transparentes en février prochain L'opposition manifestait à Dakar le 28 décembre dernier réclamant des élections transparentes en février prochain  (AFP or licensors)

Sénégal : l’Église veillera au bon déroulement de l’élection présidentielle

L’Église sénégalaise prévoit de déployer quelque 1000 observateurs dans tout le pays à l’occasion de l’élection présidentielle du 24 février. L’annonce a été faite ce mardi par le Secrétaire exécutif de la Commission interterritoriale Justice et Paix. L’abbé Alphonse Seck a par ailleurs été choisi par décret présidentiel pour faire partie du groupe de la société civile qui travaillera aux côtés des juges du Conseil constitutionnel dans leur mission de supervision du processus électoral.

Marie Duhamel- Cité du Vatican

Les futurs observateurs de l’Église seront bientôt recrutés dans l’ensemble des diocèses du Sénégal, avant d’être formés pour l’élection du 24 février prochain. Menée par la commission justice et paix, en collaboration avec les Scouts sénégalais et avec le soutien financier des partenaires de Caritas Sénégal, cette mission d’observation fait suite à celle de 2012, lors des législatives et des deux tours de la précédente élection présidentielle.

En amont du scrutin, l’Église prévoit également d’organiser des ateliers d’animation, une campagne d’information ou des rencontres avec des candidats.

La liste définitive des candidats devrait être dévoilée au plus tard le 21 janvier prochain. Pour l’instant, 7 candidatures sur une vingtaine ont été retenues par le Conseil Constitutionnel. Face au président sortant Macky Sall, on trouve l’ancien Premier ministre Isrissa Seck, l’ancien cadre du parti démocratique Madicke Niang ou le jeune Ousmane Sonko, arrivé récemment sur la scène politique. Mais ses rivaux les plus sérieux semblent être Karim Wade et Maky Sall, tous deux face à des procédures judiciaires.

Sept candidats en lice

Le fil de l’ancien président Abdoulaye Wade a été investi par son parti bien qu’étant radié des listes électorales après sa condamnation en 2015 à 6 mois de prison pour enrichissement personnel. Quant à Khalifa Sall, l’ancien maire de Dakar va déposer un ultime recours contre sa condamnation en août dernier à 5 ans de prison pour escroqueries sur les deniers de l’État dans sa gestion des affaires à Dakar.

Tous ces candidats ont réunis quelque 53 000 parrainages, soit 1% du corps électoral. Des signatures réparties dans au moins 7 des 14 régions du pays. Pour briguer la présidence, les politiques doivent également être uniquement sénégalais, électeurs et ne pas être privés de droits civils et politiques.

Après une première sélection, il revient maintenant aux juges du Conseil Constitutionnel de vérifier les casiers judiciaires ou les quitus fiscaux des politiques toujours en lice.

Pour l’examen des fiches de parrainages des candidats à la présidentielle, les juges sont appuyés par un comité de sept personnalités de la société civile, désignées « observateurs » par décret présidentiel. Parmi eux, l’abbé Alphonse Seck, secrétaire général de Caritas Sénégal et président de la commission interterritoriale Justice et paix (Sénégal – Guinée Bissau).  Il estime qu’il «faut travailler à préserver la paix sociale» et selon lui «le chemin le plus sûr pour cela est que soit organisée une élection transparente, aux résultats incontestables, susceptibles d’être acceptés par toutes les parties».

Pour des élections apaisées

L’Église souhaite que ces élections se déroulent dans un climat apaisé. Dans son message de Noël, l’archevêque de Dakar, Mgr Benjamin Ndiaye a invité les Sénégalais à se comporter «en vrais citoyens responsables et exemplaires dans nos prises de paroles comme dans nos faits et gestes». Il a exhorté chacun à adopter un langage de vérité sans violence verbale dans le respect de l’autre et de ses convictions pour se donner «les moyens de vivre une élection juste, transparente et démocratique (…) sans contestation pour garantir la paix sociale au bénéfice de tous».

09 janvier 2019, 17:41