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Vatican News
Manifestation en Asutralie suite au décès d'un réfugié birman à Manus, le 31 mai 2018. Manifestation en Asutralie suite au décès d'un réfugié birman à Manus, le 31 mai 2018.  (ANSA)

En Papouasie, l’Église s’inquiète pour les migrants retenus à Manus

Le père Giorgio Licini, secrétaire général de la conférence épiscopale de Papouasie Nouvelle-Guinée et des Iles Salomon, a adressé une lettre ouverte au Premier ministre de la Papouasie Nouvelle-Guinée, Peter O’Neill.

Le père Licini s’inquiète des conditions de santé des migrants retenus au centre de Lorengau, sur l’ile de Manus, et au Pacific International Hospital (PIH) de Port Moresby. De nombreux cas d’automutilation et de tentatives de suicide y sont enregistrés. Le missionnaire italien invite le chef du gouvernement papou à visiter le centre hospitalier afin de prendre conscience de la situation médicale de ces étrangers qui n’ont commis aucun délit contre le peuple et l’état de Papouasie Nouvelle-Guinée, mais se retrouvent confinés dans ce centre en raison d’un accord passé entre le gouvernement papou et le gouvernement australien, qui a renvoyé depuis 2013 les migrants arrivés sur ses côtes.

«Après six ans, l’incertitude sur leur futur, le refus des demandes de réinsertion, la durée du processus de révision, ont aggravé leurs conditions mentales, explique le père Licini, qui précise que la situation a commencé à devenir alarmante à septembre 2018. L’automutilation et les tentatives de suicide, dus à la dépression et au désespoir, sont maintenant à l’ordre du jour.»

Au nom de la conférence épiscopale de la Papouasie Nouvelle-Guinée et Iles Salomon, le missionnaire écrit : «Je vous exhorte, honorable Premier Ministre, à intervenir promptement. Comme, en 2013, vous avez accepté d’offrir une aide au gouvernement australien de Kevin Rudd et aux réfugiés eux-mêmes, maintenant c’est le moment d’intervenir et de donner une échéance rapprochée aux autorités de Canberra pour relocaliser tous les réfugiés et les demandeurs d’asile présents dans notre pays. Si l’on ne met pas un frein, les personnes affectées par des troubles mentaux continueront à augmenter dans les prochaines semaines et les prochains mois. Qui prendra soin d’eux ? Ils risquent le refus total de la part de chaque pays tiers. Il n’est pas pensable qu’ils passent le reste de leur vie ici, dans l’abandon et la pauvreté», s’inquiète-t-il.

31 janvier 2019, 19:26