Recherche

Mgr Enrique Angelelli, l'un des quatre prochains bienheureux Mgr Enrique Angelelli, l'un des quatre prochains bienheureux 

La joie des évêques argentins à l’approche de la béatification de quatre martyrs

Le prêtre français Gabriel Longueville, l’évêque argentin Enrique Ángel Angelelli, frère Carlos de Dios Murias et Wenceslao Pedernera, assassinés sous la dictature militaire, seront béatifiés à La Rioja, ville du nord-ouest de l'Argentine, le 27 avril prochain. Réunis en assemblée plénière, les évêques d’Argentine ont publié un message rappelant la beauté de ces vies données pour l’Église.

Adélaïde Patrignani – Cité du Vatican

«Nous voulons partager avec tous la grande joie de la béatification prochaine de l’évêque Enrique Ángel Angelelli, de frère Carlos de Dios Murias, du prêtre Gabriel Roger Longueville et du laïc Wenceslao Pedernera. Ce sera le 27 avril 2019». Les évêques argentins, réunis en assemblée plénière à Pilar jusqu’à samedi 10 novembre, officialisent ainsi la béatification de quatre martyrs de la foi du 20e siècle. Ils remercient le Pape François qui «incite à dépenser sa vie dans le service».

Des vies données ensemble pour l’Église

Le message des prélats argentins s’articule surtout autour de la figure de Mgr Enrique Ángel Angelelli, évêque de La Rioja de 1968 à 1976. Mais les vies des quatre prochains bienheureux sont bien sûr liées. Dans l’une de ses dernières homélies, prononcée lors de l’enterrement de ses deux compagnons martyrs Gabriel et Carlos, Mgr Angelelli disait : «l’Église se réjouit et bénit Dieu, car elle a été choisie pour vivre ce mystère de la Croix et de la Pâque du Seigneur, et elle est venue partager l’Eucharistie avec deux frères qui sont déjà auprès du Seigneur… Toute la force qui est là se fait Eucharistie, se fait martyr, se fait témoin de vie, se fait prière, se fait supplication».

L’évêque de La Rioja, mort le 4 août 1976, était «amoureux de la foi des pauvres et du témoignage des plus faibles. C’était un pasteur qui prenait soin des derniers et les approchait de la consolation de Dieu», peut-on lire dans le message.

Imiter le Christ

Le Pape François, expliquent les évêques, a voulu mettre en valeur ces vies dont l’offrande «exprime une imitation exemplaire du Christ, et est digne de l’admiration des fidèles». Ainsi, Mgr Angelelli a scellé «avec son sang son engagement pour la paix, pour la justice et la dignité intégrale de la personne humaine, par amour du Christ et des pauvres, en pleine cohérence avec l’Évangile».

Outre la mort, ce sont aussi l’amour du prochain et la capacité de pardon qui rendent ces martyrs semblables au Christ. Par exemple, «la nuit de la séquestration, lorsque quelques personnes qui se disaient policiers vinrent chercher frère Carlos, le père Gabriel lui dit avec fermeté : "Je ne te laisse pas seul. Je vais avec vous !"». Et Wenceslao Pedernera, «qui fut mitraillé sur la porte de sa maison devant son épouse et ses trois petites filles, et subit une agonie de plusieurs heures, non seulement pardonna à ses assassins, mais demanda à sa femme et à ses filles qu’elles ne gardent pas de haine», expliquent les évêques.

Un reflet de l’Évangile

Les évêques soulignent aussi la cohérence du témoignage de vie de Mgr Angelelli et de ses compagnons. L’évêque de La Rioja était bien conscient des persécutions endurées par les «prêtres, religieux et laïcs» sous la dictature militaire argentine. Il a vécu sa mission «jusqu’à la conséquence logique consistant à faire preuve du plus grand amour : donner sa vie pour son peuple et être un instrument de la lumière de l’Évangile». Ce dernier est d’ailleurs la trame de vie des quatre prochains bienheureux, comme le laissait comprendre le cardinal Bergoglio… désormais Pape François. Le message des évêques argentins termine en citant l’ancien archevêque de Buenos Aires :

«Le souvenir de Wenceslao, Carlos, Gabriel et de l’évêque Enrique est un défi qui nous interpelle aujourd’hui, pour que nous regardions leur chemin à eux, ces hommes qui regardèrent seulement l’Évangile, ces hommes qui reçurent l’Évangile et avec liberté. C’est ainsi que nous veut aujourd’hui la patrie, […] hommes et femmes d’Évangile, seulement d’Évangile, et, tout au plus, nous pouvons ajouter un commentaire, celui qu’ajoutèrent Carlos, Gabriel, Wenceslao et l’évêque Enrique : le commentaire de notre propre vie».

Merci d'avoir lu cet article. Si vous souhaitez rester informé, inscrivez-vous à la lettre d’information en cliquant ici

09 novembre 2018, 16:32