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Le cercueil de Fernando Alban exposé au Palais Fédéral Législatif, à Caracas le 9 octobre 2018 Le cercueil de Fernando Alban exposé au Palais Fédéral Législatif, à Caracas le 9 octobre 2018 

L’Église vénézuélienne réclame une enquête sur la mort suspecte d’un opposant

Au Venezuela, l’archidiocèse de Caracas réclame une enquête impartiale et objective sur la mort suspecte d’un élu local de l’opposition. Les autorités affirment qu’il s’agit d’un suicide, l’opposition d’un assassinat

Xavier Sartre – Cité du Vatican

«Nous exigeons que l’État vénézuélien réalise une enquête objective et impartiale sur les faits survenus au siège du SEBIN, plaza Venezuela, ce lundi 8 octobre» : l’archidiocèse de Caracas demande des comptes aux autorités sur les circonstances de la mort du conseiller municipal de la capitale vénézuélienne, Fernando Albán.

L’homme est tombé du dixième étage de l’immeuble des services de renseignements du pays (SEBIN), dans le centre de Caracas lundi. Il était détenu depuis vendredi 5 octobre, soupçonné d’avoir participé à la tentative d’assassinat début août dont le président Nicolas Maduro prétend avoir été la cible.

Pour les autorités, l’élu local s’est suicidé. Mais cette thèse officielle ne convainc pas. Pour l’opposition, et principalement son parti, Primero Justicia (la Justice d’abord), il s’agit d’un assassinat. L’Église catholique, elle, demande une enquête, prenant à témoin la communauté internationale.

Le cardinal Porras doute de la thèse du suicide

Dans un communiqué publié mardi 9 octobre, l’archevêque de Caracas, le cardinal Baltazar Enrique Porras Cardozo, réclame ainsi «la vérité sur ce qui s’est passé» et demande que soient déterminées «les responsabilités», «prenant en compte le conseiller Albán était sous la garde de l’État vénézuélien qui est responsable de garantir la vie et l’intégrité personnelle des détenus».

Le cardinal Porras souligne que Fernando Albán était «un homme de solides valeurs chrétiennes et engagé auprès des pauvres». «Jusqu’à hier [lundi 7 octobre NDLR], il était serein et tranquille, et même, il a envoyé des directives à son équipe pour qu’elle poursuive son travail auprès des pauvres». L’archevêque écarte ainsi lui-aussi la thèse du suicide : les informations données par la justice «nous laissent perplexes et plein de doutes raisonnables» sur cette version des faits, qui n’a pas été, affirme-t-il, corroborée «par une enquête profonde et objective».

 

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10 octobre 2018, 13:04