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Des bougies, signes de recueillement Des bougies, signes de recueillement 

Suicide d’un prêtre dans le diocèse d’Orléans

Un prêtre du diocèse d’Orléans, en France, s’est suicidé vendredi 19 octobre. Son évêque, Mgr Blaquart, a donné une conférence de presse ce lundi et est revenu sur ce geste qui endeuille de nouveau l’Église de France, un mois après le suicide d’un autre prêtre, à Rouen.

Xavier Sartre (avec La Croix et la République du Centre) – Cité du Vatican

Le corps pendu du père Pierre-Yves Fumery, 38 ans, prêtre du diocèse d’Orléans, responsable des paroisses du Giennois, a été retrouvé samedi dans les locaux du presbytère de Gien, samedi. Visiblement marqué par cet événement qui rappelle le suicide à Rouen dans des circonstances similaires du père Jean-Baptiste Sèbe, il y a un peu plus d’un mois, Mgr Jacques Blaquart, l’évêque d’Orléans, a tenu à parler à la presse.

«Ce qui est arrivé est un choc terrible, c’est le drame d’un jeune homme de 38 ans, d’un prêtre qui s’est donné la mort» a-t-il déclaré. «C’est un moment d’épreuve tragique et de souffrance. Mes pensées vont vers sa famille, ses frères prêtres et vers les paroissiens du Giennois» a-t-il ajouté.

Un comportement inapproprié

L’évêque est ensuite revenu sur les raisons qui pourraient expliquer une telle extrémité, sans pouvoir rien affirmer. Le 7 septembre dernier, trois paroissiens ont contacté l’équipe diocésaine «Écoute des blessures» pour signaler des gestes considérés comme inappropriés envers des adolescentes de 13-14 ans. «Il y avait notamment une jeune fille de 13 ans qui était son enfant de chœur favorite : il faisait des kilomètres pour aller la chercher et la ramener chez ses parents, ce qui n’était pas ajusté» a précisé Mgr Blaquart.

L’évêque a convoqué le père Fumery et lui a demandé de prendre du recul quelque temps et de se faire accompagner par «professionnel indépendant». Le prêtre a ainsi quitté pendant trois semaines sa paroisse qu’il n’a retrouvée que le 8 octobre, avec l’accord de l’évêque. Mais «il n’a pas repris ses activités normales. Le 15 octobre, il nous indiquait que la gendarmerie l’avait informé que les faits n’entraînaient aucune poursuite judiciaire».

Aucune infraction pénale matérialisée

Le procureur de Montargis, en charge de l’affaire, a confirmé qu’une enquête a été ouverte le 21 septembre pour «suspicions d’agression sexuelle sur mineur de moins de 15 ans». Des auditions ont eu lieu, dont celle du père Fumery, entendu en qualité de témoin le 15 octobre par les gendarmes. Le magistrat a précisé qu’aucun élément ne permet d’affirmer que le geste de Pierre-Yves Fumery est lié à cette enquête. Il a ajouté qu’une autopsie aurait lieu pour préciser les circonstances de sa mort.

Pour l’Église locale, cette disparition est un choc qui pousse à s’interroger. «Qu’est-ce-que j‘ai fait, mal fait, qu’est-ce-que j’aurais dû faire ? Comment tenir en premier la protection des mineurs, et en même temps le respect et l’accompagnement des personnes qui ont un comportement inapproprié envers eux ?» s’est demandé Mgr Blaquart devant les journalistes. Le père Fumery a laissé deux lettres dans lesquelles «il demandait pardon à tout le monde».

22 octobre 2018, 19:35