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Mgr Philip Edward WILSON Mgr Philip Edward WILSON  

Le Pape accepte la démission de l'archevêque d'Adelaïde

Le Pape François a accepté la démission de Mgr Philip Wilson, l’archevêque du diocèse d’Adelaïde en Australie. Il a été condamné le 3 juillet dernier à 12 mois de réclusion pour n’avoir pas dénoncé les abus sexuels commis sur des enfants de chœur par un prêtre du diocèse de Maitland-Newcastle dans les années 1970.

L’évêque australien, dans la tourmente depuis 2010, avait fait appel de cette décision de justice et avait promis que s’il échouait dans ce projet, il présenterait sa démission au Pape. C’est donc chose faite aujourd’hui. Depuis le 3 juin dernier, Mgr Wilson, 67 ans, n’exerçait déjà plus aucune responsabilité, le Pape ayant nommé un administrateur apostolique sede plena à la tête de l’archidiocèse en la personne de Mgr Gregory O’Kelly, 76 ans.

Accusé d'avoir couvert des abus sexuels


Mgr Wilson, ancien président de la conférence épiscopale et figure éminente de l’Eglise australienne, est accusé d’avoir couvert les agissements pédophiles de James Fletcher, un prêtre du diocèse de Maitland-Newcastle (sud) et avec lequel il avait collaboré. Le prêtre Fletcher avait été condamné en 2004 pour neuf agressions sexuelles, avant de mourir en prison, 2 ans plus tard.

Mgr Wilson a toujours nié avoir eu connaissance des faits ou des accusations portées à l’encontre de James Fletcher; ses avocats avaient tenté à plusieurs reprises d’obtenir l’abandon des poursuites eu égard à la maladie d’Alzheimer dont il souffre depuis longtemps, sans succès. En raison de son état de santé, les juges australiens d’ailleurs décideront en août s’ils accordent à Mgr Wilson d’être assigné à résidence avec un bracelet électronique, en peine alternative à la prison.

Le lourd passé de l'Eglise australienne

Dans un communiqué, la conférence épiscopale australienne disait espérer que cette condamnation puisse donner «un sens de paix et de guérison à ceux qui ont été abusés par le prêtre défunt», tout en reconnaissant que «les effets d’un abus sexuel peuvent durer toute une vie». «Il faut un grand courage, affirmaient les évêques, pour que les survivants se manifestent pour raconter leurs histoires. Les survivants ont été essentiels pour nous aider à tirer les leçons de notre histoire honteuse d’abus et de dissimulation», mise en lumière par la Commission royale d’enquête, laquelle révélait que 7% des religieux catholiques australiens avaient fait l’objet d’accusations d’abus sexuels, entre 1950 et 2010. L’Église australienne, poursuivaient les évêques, «a fait des changements substantiels pour assurer que l’abus et la couverture ne fassent plus partie de la vie catholique et que les enfants soient en sécurité dans nos communautés». D’autres réformes devraient être engagées lors du concile plénier, prévu pour 2020.

30 juillet 2018, 12:08