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Le mea culpa de l'ETA figurait en Une de tous les journaux de la péninsule ibérique, ce vendredi 20 avril. Le mea culpa de l'ETA figurait en Une de tous les journaux de la péninsule ibérique, ce vendredi 20 avril.  (AFP or licensors)

Dissolution prochaine de l'ETA: les évêques espagnols satisfaits

«Je me réjouis parce que l’ETA a annoncé sa dissolution. Elle a causé tant de souffrances et de douleur au sein de toute la société espagnole», en faisant usage de la violence, et «a laissé un fardeau dans l’histoire démocratique de notre peuple»: déclaration du secrétaire général de la conférence épiscopale espagnole (CEE), Mgr José Maria Gil Tamayo, lors de la conférence de presse tenue hier à Madrid au terme de l’assemblée plénière des évêques.

Dans une note rendue publique vendredi 20 avril 2018, l’ETA reconnait avoir causé des «dommages irréparables» dans les 40 années de sa lutte armée; elle demande également pardon à toutes les victimes «qui n'avaient pas de participation directe au conflit» mené pour l’indépendance du Pays basque. Jamais l’organisation n’avait présenté des regrets de cette nature.

 «La souffrance (des victimes et de leurs familles) ne prend pas fin avec une déclaration de ceux qui ont causé la douleur et la violence», a souligné Mgr Tamayo. «Nous espérons que cette nouvelle puisse contribuer à la réconciliation», travail «plus difficile, fatigant, et qui demande beaucoup de générosité». Mgr Tamayo espère en outre qu’une «société réconciliée et une cohésion sociale nécessaire puissent se créer au Pays basque, ainsi que dans les cœurs des familles des victimes».

«Le terrorisme est une action perverse, et rien ne peut justifier la mort de personnes innocentes» a poursuivi le secrétaire général de la CEE, avant de saluer, au nom des évêques, «une victoire pour la démocratie». Et de poursuivre: «c’est un jour où l’on peut rendre grâce à Dieu. L’Eglise continuera d’apporter son aide, afin que la cohabitation soit possible au Pays basque et au sein de toute la société espagnole».

L’ETA (Euskadi Ta Askatasuna, littéralement Pays basque et liberté), fondée en 1959, en pleine dictature franquiste, avait annoncé un cessez-le-feu en 2011, après des années de violence et d’attentats, qui ont causé plus de 800 morts. L’organisation a déposé les armes en 2017. Cette déclaration historique constitue la dernière étape avant sa dissolution complète et unilatérale, prévue le 5 mai prochain, et qui sera annoncée à Bayonne, en France.

21 avril 2018, 16:32