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Le cardinal Lehmann saluant le Pape François au surlendemain de son élection, le 15 mars 2013. Le cardinal Lehmann saluant le Pape François au surlendemain de son élection, le 15 mars 2013. 

Décès du cardinal allemand Karl Lehmann

Avec le cardinal Lehmann s’éteint une figure majeure de l’Église catholique. Longtemps président de la conférence épiscopale allemande, l’évêque émérite de Mayence avait participé à deux conclaves.

Bernd Hagenkord – Cité du Vatican

Le cardinal Karl Lehmann, 81 ans, s’est éteint ce dimanche matin à l’aube à Mayence. L’annonce en a été faite par son diocèse. Dans une lettre datée du 5 mars dernier, son successeur comme évêque de cette ville, Mgr Peter Kohlgraf, avait expliqué aux fidèles que le cardinal était «en chemin vers le dernier passage de son pèlerinage terrestre». Depuis septembre dernier, il souffrait des conséquences d’un AVC et d’une hémorragie cérébrale.

Un proche de Karl Rahner

Le cardinal Lehmann était né à Sigmaringen en 1936. Il avait débuté sa formation au sacerdoce en 1955, notamment au “Collegium Germanicum” (le collège germano-hongrois) de Rome. Diplômé en philosophie et en théologie, il avait débuté son parcours comme assistant du théologien jésuite Karl Rahner durant le Concile Vatican II à Rome, puis aux universités de Munich et de Münster.

Professeur et évêque

En 1968, il devient lui-même professeur de théologie, avec le soutien de Joseph Ratzinger. Il enseignera d’abord à Mayence, puis à Fribourg, comptant parmi ses étudiants, notamment, le futur cardinal Gerhard Ludwig Müller.

Les nombreux doctorats honoris causa qui lui seront confiés et les nombreuses interventions qui lui seront demandées comme professeur invité (même après son ordination épiscopale) témoignent de sa grande renommée théologique, qui lui vaudra aussi de présider la commission doctrinale des évêques allemands. Sur un plan civil, en France, le cardinal Lehmann fut par ailleurs fait commandeur de la Légion d’honneur par le président de la République Jacques Chirac en 2006, étant reconnu comme un «homme de Dieu et un grand Européen».

Président de la Conférence épiscopale

Le cardinal Lehmann a assumé un épiscopat très long à Mayence, de 1983 à 2016, et se retrouvera au cœur des nombreux débats qui agitent la société allemande en tant que président de la conférence épiscopale de 1987 à 2008. Sa présidence sera notamment marquée par des divergences avec Rome sur les centres de consultation pour femmes enceintes en difficulté, mais aussi par des débats vigoureux avec les gouvernements allemands sur la question de l’immigration. Il est aussi connu pour son désaccord avec le cardinal Joseph Ratzinger, alors préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, au sujet de l’accès à la communion de certains divorcés-remariés.

Électeur de deux Papes

Au Vatican, le cardinal Lehmann a notamment été membre de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi de 1988 à 1998, ainsi que du dicastère pour les Églises orientales et des conseils pontificaux pour l’Unité des chrétiens et pour les Communications sociales. En 1991, il avait été le secrétaire spécial du Synode sur l’Europe.

Karl Lehmann avait élevé par saint Jean-Paul II à la pourpre cardinalice en février 2001, en même temps que 41 autres hommes d’Église, parmi lesquels Walter Kasper et Jorge Mario Bergoglio. Il a donc participé au conclave de 2005, qui a mené à l’élection de Benoît XVI, et à celui de 2013, qui a élu le Pape François.

Les condoléances du Pape François

Dans un télégramme adressé à l’actuel évêque de Mayence, Mgr Peter Kohlgraf, le Pape François exprime sa douleur et adresse ses condoléances aux fidèles du diocèse allemand. «Dans sa longue activité comme théologien et évêque, ainsi qu’en tant que président de la conférence épiscopale allemande, le cardinal Lehmann a contribué à façonner la vie de l’Église et de la société», écrit le Pape François.

«Il a toujours eu à cœur l’ouverture aux questions et aux défis du temps, et d’offrir des réponses et des orientations à partir du message du Christ, pour accompagner les personnes le long de leur chemin, en cherchant ce qui unit au-delà des frontières des confessions, des convictions et des États», rappelle le Saint-Père, demandant à Jésus de donner «à son serviteur fidèle l’accomplissement et la plénitude de la vie dans son royaume céleste».

11 mars 2018, 10:46