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Les évêques de France à Lourdes en 2015. Les évêques de France à Lourdes en 2015. 

Migrants, bioéthique et protection des mineurs à l'agenda de la CEF

Les évêques de France sont réunis lors de leur assemblée plénière de printemps à Lourdes. Dans son discours d’ouverture, Mgr Georges Pontier, archevêque de Marseille et président de la CEF, est revenu sur cette «réalité difficile et douloureuse» vécue par les migrants, avant de revenir sur un autre thème délicat : la lutte contre la pédophilie.

Xavier Sartre – Cité du Vatican

Les évêques français s’inscrivent pleinement sur la voie tracée par le Pape François sur le thème des migrants. En ce domaine, c’est un lieu d’engagement conforme à l’Évangile comme l’a rappelé à de maintes reprises le Saint-Père. Si l’État est dans son droit quand il définit une politique en la matière, l’Église souligne les devoirs qui nous incombe «dans l’accueil des migrants qui sont à nos portes et l’enrichissement qui peut s’en suivre si les conditions d’un accueil coordonné, volontaire et généreux sont créées». C’est pourquoi Mgr Pontier, au nom des évêques, veut «encourager tous ceux qui s’activent pour prendre leur part dans cet accueil des migrants, des mineurs en particulier».

Autre grand dossier, la lutte contre la pédophilie, qui continue à être pour l’Église «une occasion de honte et un scandale» a rappelé Mgr Pontier. Évoquant tout le travail qui a été accompli en matière de collaboration avec la justice et de prévention, d’écoute des victimes, il a reconnu que, malgré tout, la question n’est pas réglée. «Les victimes sont là» a-t-il souligné. «Elles nous disent que la souffrance ne se prescrit pas. Il nous faut sans cesse être vigilants, prendre soin des victimes et ne pas oublier les auteurs».

Pour épauler les évêques français dans ce domaine, le père Hans Zollner, le directeur du Centre de protection des mineurs de l’université grégorienne à Rome, est à Lourdes cette semaine. Il doit les aider «à avancer dans la manifestation de notre compassion vis-à-vis de ceux dont nous savons qu’ils sont marqués à vie». Il rappellera aussi l’importance de la prévention.

Les États généraux de la bioéthique

Les évêques veulent rappeler, alors que les États généraux de la bioéthique sont actuellement en cours, qu’ils sont pour «un monde fraternel, un monde d’espérance, un monde où personne n’est laissé seul, un monde où les solidarités font cesser les pensées de mort, de découragement, d’abandon».

Ils soulignent que l’embryon n’est pas un «matériau disponible pour des recherches ou des expériences qui ne respecteraient pas sa dignité profonde». «À aucun moment de sa vie l’être humain ne peut être considéré indépendamment du caractère profond de sa dignité» a réaffirmé Mgr Pontier. Face aux risques d’eugénisme et d’euthanasie, le président de la CEF invite «au courage de la tendresse et de la présence fraternelle qui permettent à celui qui en bénéficie de se reconnaitre aimé jusqu’au bout et digne d’affection».

Pas question pour l’épiscopat de «toucher à l’être humain, à sa conception, à sa filiation, à sa fin de vie sans se demander quel monde nous sommes en train de construire. Ce ne serait plus un monde humain et fraternel, mais un monde où le “chacun pour soi” se construirait sur le destin des autres. On ne peut accepter que tout progrès technique doive nécessairement déboucher sur une mise en œuvre concrète au risque de porter atteinte à la dignité incomparable de l’être humain et aux fondements même de la vie sociale.»

20 mars 2018, 16:55