Version Béta

Cerca

VaticanNews
Depuis dimanche 25 février, le Saint-Sépulcre, en vieille ville de Jérusalem, est fermé au public et le restera jusqu’à nouvel ordre. Depuis dimanche 25 février, le Saint-Sépulcre, en vieille ville de Jérusalem, est fermé au public et le restera jusqu’à nouvel ordre.   (AFP or licensors)

Saint-Sépulcre: la mairie de Jérusalem suspend son projet de taxer les Églises

Après trois jours de blocage et de négociations, le Saint-Sépulcre, au coeur de la ville sainte, devrait prochainement rouvrir aux pèlerins.

Entretien réalisé par Delphine Allaire – Cité du Vatican  

Le gouvernement israélien et la municipalité de Jérusalem ont annoncé mardi 27 février dans l'après-midi renoncer au projet d'établir des taxes sur les propriétés des Églises de la ville, cause d'une crise sans précédent qui a conduit à la fermeture du Saint-Sépulcre. Après de longues discussions, le cabinet du premier ministre Benyamin Netanyahou a indiqué qu'un comité a été mis sur pied pour trouver une solution durable avec les différentes Églises. 

À l’origine de la colère, 150 millions d’euros qui pourraient mettre à mal l’économie entière du pèlerinage en Terre sainte. C’est le montant exigé dès le début du mois de janvier par le maire israélien de Jérusalem, Nir Barkat, aux Églises chrétiennes de la ville, jusqu’alors exemptées de taxes depuis cinq siècles. Cette exemption est permise grâce au Statu quo international dont bénéficie la ville trois fois sainte, selon la tradition historique.  

«Un règlement de comptes sur le dos des Églises»

Par l’instauration de telles taxes sur les biens des Églises, le maire de Jérusalem règle ses comptes avec le ministère des finances israélien, décrypte Marie-Armelle Beaulieu, rédactrice en chef de Terre Sainte Magazine. «La municipalité avait demandé au gouvernement israélien de lui allouer des fonds, ce qui lui avait été pour partie refusé», affirme-t-elle. 

L'effondrement d'un système économique

Si les 13 Églises de Terre Sainte ont donc décidé de prendre une mesure aussi rare que radicale, pouvant pénaliser à court-terme les pèlerins, c’est parce qu’elles ont construit leur écosystème économique sans ces taxes depuis cinq cent ans. L’imposition de ces prélèvements bouleverseraient profondément leur fonctionnement.

La fermeture à durée indéterminée du Saint-Sépulcre, lieu du Calvaire et de la Résurrection du Christ, cristallise ainsi une lutte pour la survie économique de la centaine d’institutions chrétiennes de la ville. La réouverture du lieu sacré pourrait intervenir dans les prochaines heures. 

Entretien avec Marie-Armelle Beaulieu, rédactrice en chef de Terre sainte Magazine

 

27 février 2018, 11:56